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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 10:43

Le loup Macron dans la bergerie

La loi Macron est actuellement en discussion au parlement. François Hollande dit qu'elle « n'est pas la loi du siècle ». En disant cela, soit il pense que son contenu est médiocre et dans ce cas il peut demander à son ministre d'y renoncer, soit il pense que c'est une bonne loi mais qui n'a pas une si grande importance, auquel cas il n'est pas si utile de la défendre. En tous cas, il est assez difficile de la décrire puisqu'il s'agit d'une multitude de petites réformes (200 articles) très hétéroclites - le mot le plus utilisé par les commentateurs est fourre-tout – sans vraiment de liens entre elles si ce n'est qu'elles procèdent toutes d'une logique libérale.

La mesure qui avait été mise en avant concernait le travail du dimanche, soi-disant réclamé par les salariés eux-mêmes. Il s'agit aussi de professionnaliser les services prud'homaux ou d'affaiblir la médecine du travail, de déréguler les transports interrégionaux en autorisant les autocars, ce qui va affaiblir le transport ferroviaire, n'y revenons pas

On a aussi entendu parler de la libéralisation de certaines professions réglementées comme les notaires, les pharmaciens ou les auto-écoles. Et là, c'est assez malin, parce que quand on voit les notaires fâchés, cela ne nous chagrine pas trop. Mais ne nous y trompons pas, la loi ne va rien arranger bien au contraire. Pour l'instant, ces professions sont protégées et occupent une position d'intermédiaire entre le public et le privé. Les notaires par exemple sont chargés par l'état d'officialiser des actes en empochant au passage des salaires conséquents. Pourquoi ce privilège, alors qu'il suffirait que ce soit un service public qui s'en charge directement, comme pour les cartes grises ou les cartes d'identité. Des notaires fonctionnaires, et donc payés comme des fonctionnaires, pourquoi pas ? Cela coûterait sûrement moins cher. Mais non, ce n'est pas ce que l'on nous propose, on nous propose de libéraliser complètement la profession, ce qui veut dire ouverture à la concurrence et au privé, et contrairement à ce que l'on essaye de nous faire croire, cela n'a jamais servi qu'à des courses au profit qui mettent en danger le service du public.

Une autre mesure est passée assez inaperçue et a été votée le 6 février dernier, il s'agit de développer le « logement intermédiaire ». Qu'est ce que ce logement intermédiaire ? Un nouveau type d'habitat « à mi chemin entre logement social et logement privé », limité aux zones tendues (là où il y a le plus de problèmes de logements)et qui sera « destiné aux classes moyennes, ayant des revenus trop importants pour rester dans le logement social et qui ne peuvent se loger dans le secteur libre », a expliqué le rapporteur du texte, le député PS Gilles Savary. En échange d'une aide financière de l'état, les investisseurs s'engagent à louer à des prix plafonnés pendant plusieurs années, comme ce fut le cas pour les dispositifs Scellier, De Robien, Duflot et Pinel. La nouveauté ici est de lui donner un cadre juridique. Les articles adoptés font du logement intermédiaire une nouvelle catégorie de logements à part entière au même titre que le logement social. Des majorations de droit à construire seront accordées aux collectivités pour développer cette nouvelle offre, et les bailleurs sociaux sont aussi invités à s'y mettre puisque pour eux,la création de filiales dédiées au logement intermédiaire va être facilitée et ils pourront non seulement en construire mais aussi en acquérir auprès d'autres investisseurs.

Pourquoi pas, après tout, si cela permet d'avoir des logements plus accessibles? Comme d'habitude, il faut y regarder de plus près. Tout d'abord ces logements ne seront pas si accessibles, loyers plafonnés, mais le plafond est haut ! Ils peuvent atteindre 16,72 € le m² dans les zones les plus tendues. Autrement dit, 1000 € par mois pour un F3 de 60 m² à Aubervilliers, ou 1200 € pour un 80 m² à Nice. Un peu moins cher que le logement privé, mais pas tant que cela.

Autre aspect problématique : le fonds d'investissement chargé de développer le logement intermédiaire regroupera à la fois des investisseurs publics et privés qui pourront tirer des profits de ce placement. Rappelons que les bailleurs sociaux jusqu'à présent sont des organisations à but non lucratif, les loyers versés aux HLM restent dans le domaine public. Avec ces logements intermédiaires, les investisseurs espèrent profiter d'un placement rentable. Une structure de ce type, la Société Nationale Immobilière, filiale de la caisse des dépôts avait déjà été lancée l'année dernière. Les résultats sont très prometteurs, et son dirigeant, André Yché, proche de Nicolas Sarkozy a été un ardent défenseur du texte. Il faut dire que les financeurs, en plus de toucher des revenus locatifs, pourront, contrairement aux HLM, revendre ces logements intermédiaires au bout d'une dizaine d'année, et à nouveau faire des profits.

Bref, on invente des produits intéressants pour les sociétés d'assurance et les banques, mais ne répondant à aucune demande sociale. Le rapport de la fondation Abbé Pierre rappelle qu'il y a une pénurie de logements abordables adaptés aux niveaux des revenus dans le pays, c'est à dire de plus en plus bas. Sur les 1,8 million de demandeurs de logement, 90 % relèvent du logement social. C'est bien les HLM qu'il faudrait aider, et on fait le contraire. Car ces logements intermédiaires vont se faire au détriment des logements sociaux. Il est prévu une aide de 1,9 milliard d'euros pour le logement intermédiaire, alors que les aides à la pierre pour les logements sociaux sont en baisse et atteignent péniblement les 450 millions d'euros, et dans le budget 2015, pour la première fois, il n'y a plus aucune aide pour la construction de HLM de type « plus », la gamme moyenne des logements sociaux. C'est ce type de logements qui aurait pourtant répondu à des situations « intermédiaires »

On encourage la construction de ces logements intermédiaires alors que la loi SRU qui impose un certain pourcentage de logements sociaux n'est déjà pas respectée. On peut craindre qu'à l'avenir, les législateurs n'autorisent la prise en compte du logement intermédiaire dans les décompte de la loi SRU.

Cécile Duflot résume bien l'affaire : « Il y a un énorme loup ! »

Colombe88@laposte.net

Colombe

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 20:03

Des banques dangers publics ?

Le discours officiel est clair : les banques ont tiré les leçons de la crise de 2008 et ont pris les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus.

Vraiment ? Regardons-y d'un peu plus près.

En 2014, la BCE a procédé à des stress tests sur les différentes banques européennes. Les banques françaises ont passé l'examen haut la main, elles seraient donc solides… Mais dans un test de résistance, on augmente la taille du choc jusqu'à ce que la structure cède, on évalue ainsi un seuil de résistance. Puis on étudie la probabilité que ce seuil soit atteint. Cela n'a pas été la façon de procéder de la BCE. Elle a choisi arbitrairement le niveau du choc ( de façon à ce que la plupart des banques réussissent ?) et a observé quelles banques réussissaient à résister. Ces tests ne nous disent donc pas grand-chose.

A la suite de la crise de 2008, les autorités ont repéré les banques dites « systémiques », jugées les plus dangereuses en cas de faillite, en raison de leur taille et de leur interdépendance. Elles ont ainsi compté 29 banques systémiques dans le monde, dont 4 françaises : Crédit Agricole, BNP Paribas, Société Générale, et le groupe BPCE (Banques populaires-Caisses d'Epargne). La France est ainsi le pays qui compte le plus de banques systémiques, à égalité avec la Chine. Ces 4 banques systémiques contrôlent la majeure partie de l'activité bancaire en France. Pour donner un ordre d'idée, le bilan de BNP Paribas par exemple est de 2000 milliards d'euros, l'équivalent du PIB de la France. Cela fait du système bancaire français le plus vulnérable au monde.

Les banques françaises sont universelles, c'est à dire qu'elles sont à la fois banques de détail, tournées vers le dépôt et la distribution du crédit, mais aussi banques d'investissement, et à ce titre utilisent les dépôts de leurs clients, souvent à leur insu, pour opérer sur les marchés et spéculer. Lors de la crise, on nous avait promis la séparation de ces activités, pour limiter la taille des banques, pour limiter leur capacité à spéculer avec l'argent des épargnants, et renforcer la stabilité du système bancaire.

Il n'en a rien été. Aujourd'hui en Europe, seulement un quart des actifs des banques sert à financer les entreprises ou les particuliers. Les banques jouent de plus en plus uniquement le rôle de courtier : elles initient des crédits, prennent des commissions, puis transfèrent les risques aux marchés en transformant les crédits en titres négociables. Ainsi les banquiers renoncent progressivement à leur fonction principale, qui est de prêter à l 'économie et de gérer les risques. Par contre ils développent toujours plus leurs activités spéculatives. Et BNP Paribas bat des records en la matière : ses activités de marché représentent 42 % du PIB de la France, et ses produits dérivés représentent 23 fois la valeur du PIB.

Autre gros problème : le coût des banques pour la société. A écouter les banques, leur sauvetage par les états en 2008 n'aurait rien coûté aux contribuables. La commission européenne a évalué à 4500 milliards d'euros les fonds publics mis à disposition des banques européennes en 2008 , principalement sous forme de garanties, soit 37 % du PIB de l'Union Européenne ! Le plus souvent sans conditions. (Cela doit laisser les grecs songeurs, eux à qui l'on a prêté beaucoup plus difficilement, et avec des conditions draconiennes ).Les prêts ont finalement été remboursés par les banques. Mais 3 ans plus tard, la BCE a été obligée de prêter à nouveau aux banques. Les banques françaises arrivent en troisième position des bénéficiaires du soutien de la BCE, derrière les banques espagnoles et italiennes.

Et si l'on regarde du coté de la fiscalité, on constate que les grandes banques françaises ont un taux d'imposition sur les bénéfices de seulement 8 %, très loin du taux officiel de 33,5 %, ce qui représente un manque à gagner pour l'état de 15 milliards d'euros pour la dernière décennie. Et surtout elles sont championnes de « l'optimisation fiscale », pour leur compte, mais aussi celui de leurs clients. Cette industrie de l'évasion fiscale fait perdre au minimum 60 milliards d'euros chaque année au budget de la France. BNP Paribas, toujours elle, détient plus de 300 filiales dans les paradis fiscaux.

Alors quelles solutions ? Tout d'abord comme on l'a dit, séparer totalement les activités de banque de détail et de banque d'investissement, à la façon du Glass-Steagall Act mis en place par Roosevelt en 1933 et qui a protégé les états Unis des crises bancaires jusqu'en 1999, date de son abrogation.

Ensuite réformer la gouvernance des banques. Elles sont aujourd'hui pilotées par des actionnaires et des dirigeants dont le seul objectif est le rendement maximal. Il faut impliquer dans les décisions tous les acteurs concernés : usagers, salariés, représentants de la société civile, actionnaires. Ce contrôle social des banques permettra de les mettre au service de l’intérêt général. On pourra ainsi limiter les revenus indécents des dirigeants et des traders.

Il faut que les banques contribuent au budget de l'état au même titre que toutes les entreprises, et pour cela mettre en place un système de taxation progressif selon la taille de la banque et ciblé, en particulier sur les activités spéculatives.

Enfin, il faut mettre fin aux pratiques d'incitation et de soutien à l'évasion fiscale. Il faut interdire aux banques toute activité dans les paradis fiscaux et judiciaires.

Cet article est largement inspiré d'un dossier d'Attac « nos amies les banques ». Pour poursuivre la réflexion, Attac et le site d'information Basta ! publient ces jours-ci « le livre noir des banques » aux éditions « les liens qui libèrent »

Colombe88@laposte.net

Colombe

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 18:53

Allez Alexis

« La famine et la puanteur seront telles que, tous ceux qui aujourd'hui sautillent de joie à propos du môme souriant Tsipras, descendront dans les rue pour tuer et tout mettre à feu et à sang. » De qui est cette analyse fine, honnête et clairvoyante ? De Théodoros Pangalos, ancien vice-président socialiste du parlement grec. C'est que la victoire de Syriza fait peur, de la droite aux sociaux démocrates, gardiens de l'orthodoxie libérale européenne. On a vu Juncker et Moscovici de la Commission Européenne espérer que les vainqueurs de l'élection grecque seraient « des têtes familières ». Leur obsession est de surtout ne rien changer, continuer sur la voie de l'austérité, même si l'on constate qu'elle ne résout rien, bien au contraire et qu'elle plonge tout un peuple dans la misère.

Depuis la chute de la dictature des colonels en 1974, la Grèce n'a connu qu'une pseudo alternance, Nouvelle Démocratie ou Pasok, l'un à droite, l'autre soi-disant socialiste. Tous deux en fait adeptes du libre marche et de la concurrence. C'est comme cela partout ? Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié. Mais en Grèce, les remèdes libéraux appliqués à outrance pour remédier à la crise ont montré toute leur inefficacité et leur grande injustice. Entre 2009 et 2013, les grecs ont subi 11 plans d'austérité imposés par la Troïka(Commission Européenne, BCE et FMI) en échange de prêts pour l'aider à rembourser sa dette. Pris d'un petit scrupule démocratique, Georges Papandreou, premier ministre « socialiste » avait émis l'idée en 2011 d'un référendum au sujet de ces solutions imposées par l'Europe. Mais la Troika avait eu vite fait de le remettre dans le droit chemin.

Et le bilan est lourd : Le taux de chômage est passé de 12,6 % en 2010 à 27 % actuellement (50 % chez les jeunes),.Une part grandissante de la population ne peut plus se soigner, se loger et se nourrir correctement. Beaucoup de grecs doivent leur survie aux solidarités familiales ou associatives bénévoles. Ce sacrifice a-t-il au moins servi à quelque chose ? Pas du tout : la dette est passée de 113 % du PIB et 2008 à 175 % en 2014, alors qu'elle n'augmente que légèrement en valeur nominale sur la même période. Le remède est en train de tuer le malade. Mais que sont devenus les 226,7 milliards d'euros d' « aide » octroyés par la Troïka ? Ils ont pour l'essentiel bénéficié directement ou indirectement au secteur de la finance.

Les beaux discours et la propagande libérale qui nous assomment tous n'ont donc plus tenus là-bas, chez ceux qui vivent au quotidien l'échec de cette politique. Les grecs ont, comme le conseillait Victor Hugo « laissé la peur du rouge aux bêtes à cornes ». Syriza arrive au pouvoir. Alexis Tsipras n'aura malheureusement pas tout à fait les coudées franches, mais il ne manque la majorité absolue que de deux sièges, et c'est donc une victoire très nette. C'est maintenant le temps de la mise en œuvre de son programme. Tout d'abord répondre à l'urgence humanitaire : accès gratuit à tous les services publics de santé et d'éducation, électricité gratuite jusqu'à 3600 kW par an, relèvement des petites retraites, réduction des tarifs des transports publics, abrogation de la taxe foncière non progressive. Ensuite renégociation de la dette pour en annuler la partie illégitime, donc la plus grande partie et en restructurer le reste. Syriza a prévu de s'attaquer à la fraude fiscale et exigera également le paiement par l'Allemagne de la dette qu'elle conserve envers la Grèce depuis 1945 et qui s'élèverait à 168 milliards d'euros. Le budget présenté par Tsipras est à l'équilibre et permettra de redonner aux grecs ce qui leur a été confisqué. L'une des mesures les plus importantes sera le rétablissement du salaire minimum d'avant les restrictions, à savoir 751 € par mois.

Syriza veut aussi réintroduire la démocratie dans le pays qui l'a inventée : référendum d'initiative citoyenne, initiative législative populaire, droit de vote et d'éligibilité aux immigrés sont au programme.

Nous devons tous souhaiter la réussite de Syriza en Grèce. Son expérience nous donne l'espoir de réussir à sortir de la politique qui nous mène dans le mur, socialement et écologiquement. En Espagne, c'est Podemos qui est bien parti pour suivre. A nous, en France d’être à la hauteur et de prendre conscience de la possibilité d'agir pour plus de solidarité et d'affronter réellement la finance. Il faut refuser le repli identitaire qui tente dangereusement de nombreux pays européens actuellement et qui ne résout rien . La gauche, représentée en France principalement par le front de gauche est une solution crédible est n'est pas extrême, contrairement à ce que les médias essayent de faire croire.

 

Un référendum à l'initiative du conseil régional, où est l'erreur ?

Faut-il construire ou non de la gare de Vandières qui donnerait la possibilité de relier TGV et autres trains dont les TER. Actuellement, les TGV arrivent en gare de Louvigny entre Nancy et Metz, et cette gare n'est pas desservie par d'autres trains et donc accessible seulement en voiture. C'est une aberration, et on comprend bien l'importance de créer une interface, le projet a d'ailleurs été déclaré d'utilité publique en 2011. Certains crient au gâchis : la gare de Louvigny aurait-elle été construite pour rien ? Non, celle-ci pourra être utile pour le fret. Quant au financement de la nouvelle gare de Vandières, il est déjà bouclé par la modulation complémentaire de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques) prévue pour le financement de grandes infrastructures de transport. (TICPE Grenelle).

Le conseil régional s'est réuni fin 2014 autour de ce sujet et une majorité s'est déclarée pour la construction de Vandières. Très bien, pour une fois, tout le monde est content. Mais non, très étrangement, et très inhabituellement, M. Masseret a éprouvé le besoin de consulter les lorrains et de s'en remettre aux conclusions d'un référendum sur ce sujet. On peut vraiment se demander pourquoi cette soudaine préoccupation démocratique qui ne lui ressemble pas vraiment.(On espère d'ailleurs qu'il en prendra l'habitude pour bien d'autres questions). Et si l'on observe ses interventions dans la presse qui vont dans le sens d'une crainte que les électeurs votent contre, on a vraiment l'impression que c'est en fait son objectif inavoué.

Alors allons voter massivement pour la gare de Vandières. Et que vive le train !

Colombe88@laposte.net

Colombe

 

 

 

 

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 20:29
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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 07:12

Une réunion du front de gauche de Remiremont aura lieu vendredi 23 janvier à 20H au local de l'UL C.G.T. à Remiremont.

ordre du jour : quels candidats pour quels cantons ?

Venez nombreux

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 07:06

Et maintenant, aux actes ! citoyens Hollande, Valls, Macron ...

François Hollande a effectué une remontée complètement inespérée dans les sondages. Il paraîtrait qu'il aurait remarquablement réussi à gérer l'épisode terroriste contre Charlie Hebdo. Qu'a-t-il donc fait de si incroyable ? Ce n'est tout de même pas lui qui a mené les enquêtes, ni qui a donné l'assaut. Certes, il en a certainement donné l'ordre, mais conseillé par combien de spécialistes ? Non, ce qu'il a surtout réussi à gérer, c'est la communication. Il a pris la parole quand il le fallait et a su trouver les mots pour en appeler à l'unité de la nation et à affirmer notre attachement à la liberté d'expression. Bon, entre nous, c'était assez facile, et personne n'en attendait moins de lui. Alors pourquoi nos concitoyens se laissent-ils si facilement séduire ? Est-ce la peur qui fait que le peuple se range derrière le chef ? Sans doute.

Pourtant les discours ne suffisent pas et il va maintenant falloir passer aux actes. Et là, malheureusement, les signes ne sont pas bons.

Une petite remarque énervée d'abord : la sous-estimation incroyable des incidents dans les écoles lors de la minute de silence. Personne n'a été dupe des chiffres donnés par le ministère de l'éducation nationale. Quiconque connaît un peu la vie des établissements scolaires, qu'ils soient en banlieue ou non, sait que le phénomène a été beaucoup plus important que ce qui est prétendu. Ce n'est pas en cachant le thermomètre que l'on va faire baisser la fièvre… Et la solution donnée par la ministre, d'une vague formation continue est bien insuffisante.

Alors quelles solutions ? Personne ne prétend les connaître toutes, tant la situation est complexe, mais une chose est certaine en tous cas : il faut aller vers une société plus juste et plus égalitaire car les extrémismes se nourrissent de la misère et des inégalités sociales. Or dans les faits, le gouvernement garde le cap envers et contre tout : libéralisme, et casse sociale.

La loi Macron présentée le 22 janvier à l'Assemblée Nationale en est le plus parfait exemple. La seule cohérence de ce ramassis de mesures est d'attaquer l'état social et le bien commun.

Commençons par la mesure la plus médiatisée : le travail dominical et nocturne. On nous dit que cela va relancer l'économie…croit-on vraiment que les gens vont acheter plus parce qu'ils peuvent acheter le dimanche ? Leur pouvoir d'achat ne sera pas plus important. On nous dit que les salariés de ces entreprises sont volontaires pour travailler sur ces horaires. Volontaires, vraiment ? Ne serait-ce pas plutôt parce qu'ils ont peur de perdre leur emploi s'ils refusent, ou parce qu'ils espèrent augmenter un peu leur salaires qui ne leur permettent plus de vivre ? Si les salaires étaient décents et les contrats solides, je doute fort qu'il y ait beaucoup de volontaires, quand on sait que cela va nuire à leur vie sociale, leur vie familiale et leur santé, car outre le problème des rythmes biologiques, les accidents du travail sont aussi bien plus importants lors du travail de nuit. Quant aux compensations pour le travail du dimanche, rien n'est clair car la loi Macron n'en donne pas la nature et renvoie à des négociations ultérieures dans un rapport de forces qui ne sera pas nécessairement favorable aux salariés. On comprend bien que dans la situation actuelle de chômage de masse, on trouve de plus en plus de « volontaires » pour accepter n'importe quoi, et c'est indigne d'un gouvernement soi-disant socialiste d'avancer ce faux argument du volontariat pour faire sauter encore une protection sociale.

Deuxième exemple de ce que contient la loi Macron : une atteinte à la médecine du travail : La périodicité des visites médicales des salariés serait remise en cause et la visite d'embauche pourrait être confiée aux généralistes, ce qui ferait que les médecins du travail ne verraient plus que les travailleurs accidentés et sans pouvoir suivre les autres, ne pourraient plus faire le lien entre le travail et une altération de la santé.

Autre point inquiétant : le début de la fin du droit pénal du travail. Actuellement, les inspecteurs du travail, après avoir effectué un contrôle dans une entreprise peuvent rédiger un procès verbal qui est transmis au procureur qui décidera de classer sans suite ou d'ouvrir une procédure d'instruction. La loi Macron prévoit de diminuer les sanctions pénales au profit de sanctions administratives quasiment inexistantes aujourd'hui. Les inspecteurs du travail feraient un rapport aux DIRECCTE (DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation et de l'Emploi). Et qui sont les représentants de la Direccte ? Des fonctionnaires nommés par le ministère du Travail, qui ont des objectifs en terme d'emploi et dépendent du préfet. De plus, ces procédures administratives ne sont pas publiques et se régleront dans le bureau de la Direccte, alors qu'actuellement les procédures pénales donnent lieu à des audiences publiques.

La loi permettrait aussi aux employeurs de contourner le droit de regard de l'administration sur les plans sociaux, et aussi de minimiser l'opposition syndicale et d'éviter d'éventuels recours en justice.

Un dernier exemple des merveilles que réserve cette loi ? Je vous en avais déjà parlé : la déréglementation des transports de voyageurs qui va permettre à l'autocar de concurrencer le train. Le ministre nous présente cela comme un progrès. L'autocar un progrès ? Moins de sécurité, plus de pollution. L'organisation des transports ne va en fait plus être réfléchie en fonction des besoins des voyageurs mais en fonction de critères de rentabilité. Et l'on voit bien se profiler un transport à deux vitesses où le train, sûr, confortable et rapide sera réservé aux plus riches, alors que les autres devront se contenter du bus. Cela confirme bien le renoncement du gouvernement à donner au système ferroviaire les moyens de son fonctionnement et de son développement. La SNCF a d'ailleurs déjà annoncé un plan d'un millier de licenciements.

M. Macron nous encourage à vouloir devenir milliardaires, en feignant d'ignorer que pour faire un milliardaire, il faut appauvrir beaucoup de monde. La société qu'il nous propose ne peut pas résoudre notre problème, assurément.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:20

Pas besoin d'être Charlie pour être révolté et pour résister

A l'annonce de la tuerie à Charlie Hebdo, c'est d'abord l'incrédulité, puis la douleur, et très vite l'appréhension de toutes les conséquences d'un tel acte.

Bien sur c'est une atteinte terrible à la liberté d'expression. Les journaux, même s'ils se disent Charlie aujourd'hui, réfléchiront sans doute davantage avant de publier ou non une caricature.

Mais c'est aussi un attentat terrible contre tous les musulmans. Les musulmans, dans leur grande majorité, dénoncent ces crimes. Ils seront pourtant systématiquement suspectés d'être des terroristes. Les actes de violence contre des femmes voilées ont déjà commencé et risquent de se multiplier.

Alors que faire ? L'agression mérite une réaction forte.

Les rassemblements spontanés des premiers jours étaient évidemment compréhensibles. Ensuite, après l'émotion, il faut retrouver son sang froid et travailler à une réponse à la mesure du danger. Tout d'abord, la grande manifestation organisée le dimanche 11 janvier était nécessaire pour montrer aux terroristes que la nation (et pas seulement française, puisque les manifestations ont été massives dans de nombreux pays) refusait la violence. En descendant dans la rue, chacun a montré qu'il n'avait pas peur et entendait résister au silence que les terroristes voulaient imposer. Et près de 4 millions de manifestants en France, c'est un beau message ! J'en connais qui n'avait jamais manifesté et qui y ont vécu un beau moment de fraternité qui leur a redonné l'espoir en l'humanité.

Alors bien sûr, on est agacé par ce matraquage médiatique qui impose à tout le monde d’être Charlie. Tous les journaux et radios ont adopté le message publicitaire, et, par mail, par chaîne de sms, impossible d'y échapper. Et on se demande ce que cet emballement veut dire. Je pense, personnellement qu'il s'agit là d'une volonté bien naturelle d'appartenir à un groupe : l'annonce de l'attentat a provoqué une grande émotion au même moment chez tout le monde, et une émotion partagée donne un sentiment de ne pas être seul, de communion avec les autres et donc d'appartenir à une communauté. Et comme dans notre société on a bien peu d'occasion de ressentir cela, on essaye de prolonger le moment. C'est un peu le phénomène coupe du monde de football ou mariage princier. Vous vous dites que j'exagère, que je compare des choses qui ne devraient pas l'etre, que les « je suis Charlie » sont tout de même moins superficiels et témoignent d'un réel engagement pour la liberté d'expression…Peut-être. Allez soyons positifs, et essayons d'y croire ! Essayons de croire que tous ces gens qui ont défilé vont réellement s'engager pour défendre la liberté d'expression et vont se mettre à acheter des journaux indépendants qui ont besoin d'eux pour continuer à faire leur travail, car Charlie Hebdo, comme de nombreux autres hebdomadaires ou quotidiens était en grandes difficultés financières et aurait peut-être disparu (et cela n'aurait sans doute pas dérangé grand monde...malheureusement). Tant que j'y suis, j'espère que tous ces gens ne vont pas tous acheter Charlie Hebdo, parce que liberté d'expression oblige, j'ai le droit de dire que je ne trouve pas que Charlie hebdo ait été tout à fait juste dans ses choix depuis quelques années et pour le dire rapidement, disons que Charlie a beaucoup usé de son droit de caricature sur les extrémistes musulmans, sans suffisamment montrer la différence avec les musulmans, et beaucoup moins sur les extrémistes juifs et leurs agissements criminels en Palestine. Fermons la parenthèse.

Essayons de croire que parmi ceux qui ont défilé, il n'y avait pas d'islamophobes.

Et pour continuer dans le même optimisme, essayons de croire que nos dirigeants qui eux aussi ont défilé vont agir concrètement pour éviter que cela ne se reproduise. Pas en nous concoctant un renforcement de la sécurité au détriment des libertés comme les états unis avec leur « patriot act » à la suite du 11 septembre. Non, ils vont faire preuve de plus d'intelligence et mettre en œuvre des mesures pour s'attaquer aux causes du problème.

Comme par exemple cesser d'intervenir, pour des raisons inavouées (pétrole, uranium etc...) dans des pays qui s'en trouvent déstabilisés durablement. Ni Al Qaida, ni L'EIL n'auraient réussi à prospérer sans l'intervention des Etats-Unis au moyen orient. Le problème du Mali est directement lié à notre intervention en Lybie qui a déstabilisé toute la région. La suivante au Mali n'a pas réglé le problème.

Comme cesser de soutenir Israël dont la politique inacceptable en Palestine est en grande partie à l'origine de l'antisémitisme musulman (et pas que musulman d'ailleurs).

Comme donner les moyens à l'éducation nationale de faire son travail. Dans beaucoup de classes de collège, (il n'y a pas de statistiques, mais je ne serais pas étonnée que ce soit une majorité), il a été très difficile de faire observer la minute de silence. Il faut aider les professeurs à faire face à ce problème qui va grandissant, et pas seulement venant de jeunes musulmans. La guerre économique fait rage, et fait beaucoup de victimes. Les enfants sont eux aussi touchés, et encore plus quand ils se sentent rejetés aussi à cause de leurs origines. En perte de repères et de liens sociaux, ces jeunes cherchent à faire partie d'un groupe. Il faut pouvoir leur donner les moyens de réflexion et d'analyse pour éviter qu'ils ne soient séduits par des groupes extrémistes, et il faut aussi que la France (l'Europe, le monde entier …) leur propose un projet de société où ils auront toute leur place. A la place de la concurrence et de la loi de la jungle, la fraternité… Le groupe nation doit devenir plus attractif qu'Al Qaida. Pour cela, il va falloir une vraie remise en question de notre système économique et politique… Oui, il y a pain sur la planche !

Colombe88@laposte.net

Colombe

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 18:06
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 19:02
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 19:01

Cela s'est passé en 2014, et c'était bien

Restons encore positifs en ce début 2015 et regardons ce qui peut susciter l'espoir dans cette année passée.

L' Amérique du sud est restée à gauche

Au Brésil avec Dilma Roussef, en Bolivie avec Evo Morales et en Uruguay avec Tabare Vasquez, le mouvement progressiste a remporté en Amérique du Sud trois victoires importantes contre l'oligarchie. Les peuples de ces trois pays ont décidé de poursuivre les efforts commencés pour réduire les inégalités, redistribuer les richesses et renforcer l'état face aux entreprises. Une prise de distance avec le libéralisme qui se fait à des degrés divers selon les pays mais qui confirme une tendance amorcée au début des années 1990 en Amérique latine. L'espoir vient de là bas.

Kobané : 4 mois, 1000 morts mais les kurdes résistent courageusement !

Des résistants kurdes dont de nombreuses femmes ont réussi à barrer la route à l'EI à Kobané. Fin décembre, la lutte anti-djihadiste avait marqué des points dans six quartiers de l'est de la ville et la libération de Kobané semblait désormais possible. Et cela malgré le jeu trouble de la Turquie...Bravo !

Les employés des palaces ont gagné

Le 23 septembre, après cinq jours de grève, 80 femmes de chambre, gouvernantes, équipiers et valets, salariés en sous-traitance de l’hôtel Park Hyatt Paris Vendôme ont obtenu de 380 à 420 euros en plus par mois. Trois jours plus tard, leurs collègues de Park Hyatt Paris Madeleine ont gané à leur tour.

Les luttes sociales victorieuses, c'est encore possible !

Les intermittents ne se sont pas laissé faire

Depuis fin mars, les intermittents du spectacle se sont opposés à la nouvelle convention d'assurance chômage qui durcit les conditions d'indemnisation de millions de chômeurs. « Les intermittents vont-ils planter votre été ? » s'interrogeait fiévreusement l'Express face aux nombreuses menaces d'annulation de festivals. Ces dangereux terroristes ont en tous cas réussi à obtenir la suspension (pas encore annulation) de la mesure la plus controversée (l'allongement du différé d'indemnisation). Manuel Valls a aussi commandé une « mission de proposition » afin de « répondre à certaines inquiétudes » dont le rapport est attendu début janvier 2015.

Nicolas Sarkozy a raté son retour

Il pensait faire un retour triomphal. Une victoire écrasante à la présidence de l'UMP lui aurait donné assez de légitimité pour annuler les primaires de 2017 . Mais avec seulement 65 % des voix contre Bruno Le Maire à 30 % et Alain Juppé préféré des sondages, rien ne s'est passé comme prévu.

Tant mieux. Le pire n'est pas encore certain.

Le société générale a renoncé à participer au projet délirant alpha coal

La Société Générale devait mener une mission de conseil et de financement de ce projet de mine à ciel ouvert dans le bassin de Galilée en Australie. Prévoyant une voie ferrée et une expansion portuaire en plein cœur de la Grande Barrière de corail, ce projet serait à la fois une bombe climatique dont le développement serait à l’origine de l’émission de 1,8 milliards de tonnes de CO2 compromettant de façon irréversible les efforts pour limiter le réchauffement de la planète ; mais aussi une catastrophe pour les populations locales, la biodiversité et les milieux. Grâce à la lutte menée par les Amis de la Terre, Attac et Bizi !, la Société générale a fini par reculer. Certes le projet n'est pas encore enterré, mais il a pris un peu de plomb dans l'aile.

Les actions citoyennes peuvent aboutir à des victoires.

Et nous allons résister à Zemmour

Eric Zemmour a vendu quelques centaines de milliers d'exemplaires de son livre… eh bien il reste quand même presque 60 millions de français qui ne l'ont pas fait… C'est un peu tiré par les cheveux, mais il faut rester positif et oublier un peu que l’extrême droite a occupé le terrain, tout en faisant croire qu'elle était sous-médiatisée. L'omniprésent Zemmour en est un bon exemple.

Un lecteur avisé me signale le « Contre Zemmour » écrit par Noël Mamère et Patrick Farbiaz. Le propos est d'après lui un peu abstrait et gagnerait à proposer aux français des solutions de gauche concrètes pour redonner de l'espoir aux français et éviter qu'ils continuent à se réfugier dans la peur et le rejet de l'autre. Mais ce livre-réponse a le mérite d'exister et de répondre aux nombreuses erreurs historiques.

Une nouvelle fois : bonne année !

Colombe88@laposte.net

Colombe

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