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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 07:52

La liberté des uns...

Le journal « La décroissance » publie cet été un dossier spécial : un tour du monde de la décroissance. Pour anticiper un peu le sommet mondial sur le climat qui aura lieu à Paris en décembre prochain, il offre une tribune à des scientifiques, économistes, philosophes du monde entier qui ont tous compris l'urgence de changer radicalement de système et d'adopter un style de vie plus sobre et plus humain.

Tous font le même constat : La vie sur Terre est gravement compromise par les activités humaines complètement hors de contrôle. Épuisement des ressources, pollution, réchauffement climatique, destruction des écosystèmes et disparition de la biodiversité. Bien sûr la Terre s'en remettra, mais à quel prix ? Combien d'espèces ont-elles déjà disparu ? Il y a déjà eu dans l'histoire de notre planète des phases d'extinctions massives ; la plus célèbre étant celle, probablement causée par une météorite qui a provoqué la fin des dinosaures. L'épisode que nous sommes en train de vivre est déjà considéré par les scientifiques comme le début de la sixième extinction massive des espèces.

Cette situation dramatique est due bien sûr à la consommation effrénée induite par notre système capitaliste basé sur le productivisme et la recherche de profits par tous les moyens.

Pour tous ces spécialistes, la solution n'est pas dans le développement durable ou la croissance verte que nos dirigeants et les grandes industries nous vendent si bien. Ce n'est pas avec de petits gestes ou des voitures électriques (qui ne sont pas une solution du tout), encore moins avec des agrocarburants que nous allons nous en sortir. A l'évidence il faut consommer beaucoup moins, et cela s'appelle la décroissance, même si le mot fait peur.

Pourquoi ce concept de la décroissance fait-il peur, même aux partis écologistes ? Niko Paech, économiste allemand explique que dans la population, les préoccupations écologiques progressent et que les bonnes intentions ne manquent pas mais que les compétences personnelles font par contre largement défaut pour affronter le problème. « Dès lors, le monde politique craint de provoquer le rejet d'une population consumériste et se refuse à évoquer les termes réels du débat. Une société de post-croissance n'est envisageable qu'à partir du moment où les populations auront appris à se satisfaire d'un niveau de revenus réduit en pratiquant des activités d'autosuffisance »

Mais il explique aussi que trois facteurs peuvent nous pousser à appliquer des mesures drastiques plus tôt que prévu : tout d'abord la crise existentielle des sociétés modernes : la société de consommation pousse à l'individualisme et à une perte de sens, en témoigne l'explosion de la consommation d'antidépresseurs. Ensuite, la crise financière annoncée, et enfin le « pic de tout »: pic de pétrole, de métaux, de terres rares etc...dont l'épuisement approche.

Enfin, l'économiste allemand explique comment simplifier nos vies et opter pour la solidarité et la sobriété heureuse : Il faut tout d'abord acquérir des compétences manuelles (bricoler, réparer, cultiver). Ensuite se dégager du temps afin de pouvoir produire les biens nécessaires à l'autosuffisance. Troisièmement faire partie d'un réseau au sein duquel les biens pourront s'échanger ou être réparés. Quatrièmement, mais c'est évident, se libérer des activités consuméristes, et enfin une plus grande sédentarité pour limiter les pollutions dues aux déplacements.

Et c'est là que le débat devient intéressant, parce que la mobilité sans doute plus encore que la possibilité de consommer est un symbole de la liberté des individus. Obliger les gens à moins voyager est perçu comme une brimade digne de la pire des dictatures. Là Niko Puech est très clair : « La liberté des uns s'arrête là où commence le droit des autres. Si l'on considère le caractère fini de notre planète et les lois inflexibles de la thermodynamique, on peut se poser la question suivante : Quelle liberté matérielle peut se permettre un individu sans vivre au dessus de ses moyens écologiques et par conséquent au dessus de ses moyens sociaux ? La liberté individuelle exercée sans la moindre forme de responsabilité mène à la barbarie.» Mais alors, comment allons-nous faire pour aller visiter la Thaïlande ou le Canada ? « La vie offre une infinie variété de loisirs possibles. De quel droit peut-on donc exiger une forme de loisirs qui serait écologiquement destructrice ? (…) Une mobilité globale illimitée, en particulier les déplacements en avion, constitue le sommet de cette irresponsabilité écologique qui est cultivée comme un légitime épanouissement personnel».

Cela fait du bien de rappeler les bases de temps en temps.

J'ai cité Niko Puech, j'aurais pu en citer bien d'autres venant de pays d'Afrique ou d'Asie d'ores et déjà bien plus concernés par les effets du réchauffement climatique. Leur avis est important. Bref, vous avez compris que pour ces vacances : pas d'avion, mais du jardin, du vélo et du train, et la lecture de « la décroissance », entre autres…

Colombe88@laposte.net

Colombe

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 21:30

La surveillance de masse légalisée

La loi « renseignement » vient d'être votée. Visant à renforcer le renseignement en France, il prévoit la mise en place de plusieurs mesures qui permettent une interception de l'ensemble des données de tous les citoyens français en temps réel sur Internet. Cette surveillance massive de l'ensemble de la population est une pratique dangereuse pour la démocratie et les libertés d'expression, de réunion, de pensée, d'action..

Un nombre important d'organisations d'horizons variés ont protesté et alerté sur les dangers de cette loi : Des associations de défense des droits humains, des syndicats d'avocats, de magistrats, de journalistes, de policiers, de chômeurs, d'assistants sociaux, des juges anti-terroristes, et même le conseil de l'Europe.

Mais le gouvernement a tenu bon, profitant du climat de peur induit par l'attentat de Charlie Hebdo et de l'opinion publique prête à tout pour être rassuré.

Pourtant la question de savoir si cette surveillance de masse est utile ou non ne s'est pas posée. Presque tous les les auteurs des derniers attentats, Merah, Nemmouche, les frères Kouachi, et le dernier en date Yassin Salhi étaient connus des services de renseignement et pourtant cela n'a servi à rien. Le problème n'est donc pas le manque de renseignement. Les moyens humains seraient ici bien plus utiles. Et au contraire ce dispositif de boites noires est contre-productif dans la lutte contre le terrorisme parce qu'elles noient les services sous des masses énormes de données, et aussi parce qu'elles poussent à une modification des comportements des potentiels terroristes. Par exemple, les mesures adoptées aux USA lors du Patriot Act ont poussé dans les 10 dernières années les éléments les plus dangereux du terrorisme ou de la très grande criminalité à ne plus utiliser Internet, ou à ne l'utiliser qu'avec des méthodes d'anonymisation très poussées. On pousse les « terroristes » sous les radars de la surveillance, et on surveille quand même toute la population.

Car en fait le but est bien plus large que le terrorisme. Il s'agit aussi de la défense des intérêts économiques et scientifiques de la France, la criminalité, la délinquance organisée et la lutte contre les violences collectives pouvant troubler l'ordre public. On voit bien le danger de ce dernier cas pour les actions collectives quelles qu'elles soient. Manifestations syndicales ou citoyennes contre tel ou tel projet.

Et cette loi ne sert qu'à légaliser des pratiques déjà utilisées depuis des décennies. L'état français est depuis longtemps très bien placé dans la surveillance de masse en utilisant les réseaux d'Orange puisqu'elle nécessite l’installation chez les opérateurs de télécommunications de dispositifs, surnommés « boîtes noires ». Détection de comportements suspects à partir des données de connexion, utilisation de mécanismes d’écoute, logiciels espions ou encore IMSI-catchers pour les personnes suspectées d’activités illégales. Toutes ces techniques sont déjà largement utilisées et il ne restait plus qu'à les légaliser.

Pourquoi les opérateurs privés mettent-ils ainsi leurs réseaux à la disposition des états ? Facile à comprendre : Accès à des marchés publics ou loi avantageuses sont un bon retour d'ascenseur !

A l'inquiétude légitime des citoyens, l'état répond que cette loi en légalisant ces pratiques en permet un contrôle renforcé. En réalité, sur bien des points le contrôle est inexistant : la commission de contrôle n'a qu'un avis consultatif.

Invité sur France Inter, Jean Jacques Urvoas député rapporteur de la loi à l'Assemblée s'est livré à ce sujet à un numéro d'équilibriste assez pathétique : Un auditeur lui demandait si les citoyens auraient la possibilité de savoir s'ils étaient sur écoute. Jean Jacques Urvoas a répondu que justement, grâce à cette loi, maintenant il serait possible de le savoir, ce qui n'était pas le cas jusqu'à maintenant. Il suffit pour cela de le demander directement à la commission de contrôle. L'auditeur s'est alors étonné : « Ah bon, et si je suis surveillé, ils me le diront ? » Mais oui ! « Et si un terroriste en puissance s'adresse à cette commission, ils le lui diront aussi ? » Réponse du député : « Ah non, aux terroristes, on ne le dira pas ». Surréaliste ! Donc si on vous répond que vous n'êtes pas surveillé, c'est peut-être que vous êtes considéré comme terroriste...

Pour le soi-disant contrôle, un autre argument est donné : La réglementation est assez stricte pour les communications à l'intérieur du territoire français. Certes, mais ce qui n'est pas dit, c'est que la grande majorité de ces communications transitent par des centres techniques situés à l'étranger. Si une boîte noire est interdite en France, on la place en un point stratégique à l'étranger qui capte les messages franco-français et on contourne la loi.

Bon, tout cela est assez inquiétant et la loi a été votée, mais il n'est jamais trop tard pour se mobiliser...

Colombe88@laposte.net

Colombe

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:51

Nous sommes tous grecs

Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé, dans une adresse au peuple retransmise par la chaîne de télévision publique (ERT), la tenue d'un référendum sur les propositions faites à la Grèce par les "Institutions" (FMI, BCE, Commission européenne) dans le cadre des négociations sur la dette.

Rappelons qu'une grande partie de la dette publique grecque est « illégale », « illégitime » et « odieuse ». d'après les conclusions de la commission parlementaire d’audit de la dette publique, publiées le18 juin, et qu'une grande partie des aides européennes accordées à la grèce sont en réalité allées directement dans la poche des banques. La Grèce est la victime des prédateurs financiers qui ne s'arrêteront pas là et ont déjà commencé dans les autres pays européens. Il est donc vital pour tous les peuples européens d'aider les grec à résister.

Extraits de «Pour la souveraineté et la dignité du peuple grec» (Alexis Tsipras, Athènes, samedi 27 juin 2015)

« Depuis 6 mois, le gouvernement hellénique se bat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour mettre en œuvre le mandat que vous lui avez confié à l’issue des élections du 25 janvier.(...)

Un mandat qui nous enjoint de parvenir à un accord viable, respectueux de la démocratie comme des règles de l'Union, et qui permettrait à la Grèce de sortir définitivement de la crise.

Tout au long de cette période de négociations, on nous a demandé d’appliquer les mémorandums qu'avaient signés les gouvernements précédents, mémorandums que le peuple grec a pourtant catégoriquement rejetés lors des dernières élections.

(...)

Après cinq mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement abouti, lors de l’Eurogroupe d’avant-hier, à une proposition en forme d’ultimatum, un ultimatum adressé à la démocratie grecque et au peuple hellénique.

Un ultimatum qui contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs fondamentales de l’Europe, de la construction européenne.(...)

La proposition des Institutions comprend des mesures entraînant une dérégulation accrue du marché du travail ; des coupes dans les pensions de retraite ; de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public, ainsi qu’une augmentation de la TVA sur les aliments, l’hôtellerie et le tourisme ; les Institutions préconisent dans le même temps la suppression des exemptions fiscales pour la Grèce insulaire.

Ces propositions, qui portent directement atteinte aux acquis sociaux européens et aux droits fondamentaux ― droit au travail, à l’égalité et à la dignité ―, prouvent que certains de nos partenaires, que certaines de ces Institutions ne souhaitent pas parvenir à un accord viable, également profitable à toutes les parties, mais ont pour objectif d'humilier tout un peuple.

Ces propositions démontrent l'entêtement mis ― en particulier par le Fonds Monétaire International ― à défendre à tous prix une politique d’austérité extrême et punitive.(...)

Grecques et Grecs,

Nous sommes aujourd’hui porteurs d’une responsabilité historique à l’égard des luttes menées et des sacrifices consentis par le peuple grec pour la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale ; c’est notre responsabilité envers l’avenir de notre pays.

Cette responsabilité nous oblige à répondre à cet ultimatum en nous appuyant sur la volonté souveraine du peuple grec.

Au Conseil des Ministres qui vient de se tenir, j’ai solennellement proposé l’organisation d’un référendum afin que le peuple grec puisse se prononcer souverainement.

Cette proposition a été adoptée à l’unanimité.

Demain, l’Assemblée nationale se réunira en séance plénière extraordinaire afin d’entériner la proposition du Conseil des ministres en vue de la tenue, ce dimanche 5 juillet, d’un référendum à la faveur duquel les citoyens seront appelés à dire s’ils acceptent ou refusent la proposition faite par les Institutions.

J’ai déjà informé de ma décision le Président de la République hellénique mais aussi, par téléphone, le Président de la République française, la Chancelière de la République d’Allemagne et le président de la Banque Centrale Européenne ; demain, j’adresserai un courrier officiel aux dirigeants de l’Union Européenne et aux Institutions pour leur demander de prolonger le programme de quelques jours en sorte que le peuple grec puisse se prononcer librement, hors de toute pression et de tout chantage, conformément à la Constitution de notre pays et à la tradition démocratique européenne. (...)

Répondons à l’autoritarisme et à l’austérité extrême par la démocratie, avec sérénité et détermination.

Que la Grèce, ce lieu qui a vu naître la démocratie, adresse une réponse démocratique retentissante à la communauté européenne, à la communauté internationale.

Je m’engage à respecter le résultat de votre choix démocratique, quel qu’il soit. (...)

En ces heures cruciales, nous devons tous nous rappeler que l’Europe est la maison commune de ses peuples. Que l’Europe ne se répartit pas entre des « propriétaires » et des « invités ».

La Grèce est et demeurera une partie indissociable de l’Europe et l’Europe une partie indissociable de la Grèce.

Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole.(…)

Solidarité avec le peuple grec !

Colombe88@laposte.net

Colombe

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 07:25

La guerre jusque (et surtout) dans nos campagnes

Des esclaves dans nos champs ?

Il existait déjà les contrats OMI (Office des Migrations Internationales) pour des travailleurs surtout marocains ou tunisiens qui venaient trimer dans les champs français de 4 à 8 mois par an, sans avoir la possibilité de s'installer durablement et avec une protection sociale plus que minimale. De nombreux abus avaient amené des associations et des syndicats à défendre leurs droits et plusieurs procès avaient été gagnés contre des employeurs voyous.

Les ETT (Entreprises de Travail Temporaire) qui fournissent aux agriculteurs des travailleurs, à l'heure, sans contrat de travail.ont donc été créées pour contourner la difficulté. L'Union Européenne appelle cela la « migration circulaire de travail » ou le « partenariat pour la mobilité ». C'est joliment formulé. Comment cela fonctionne-t-il ? Quand un agriculteur a besoin de main d’œuvre, il appelle une de ces ETT(la plupart sont basées en Espagne, et fournissent des travailleurs souvent sud-américains)), et lui indique combien il veut de personnes, à quelle date et pour combien de temps. L'entreprise lui envoie ensuite une simple facture. Les heures de travail sont facturées à l'exploitant entre 15 et 17 euros, ce qui n'est pas moins cher que dans le cas d'un contrat courant. Mais il n'a plus aucune démarche administrative à faire. Si un ouvrier tombe malade ou ne donne pas satisfaction, il suffit qu'il appelle l'entreprise pour le remplacer immédiatement. L'exploitant n'a plus des personnes en face de lui mais des outils qu'il peut jeter ou remplacer comme bon lui semble.

De plus ces ouvriers loués à l'heure sont complètement sous la coupe de leur maison mère : transportés dans des bus appartenant à celle-ci d'une exploitation à l'autre, ou pour aller faire leur courses, logés dans des conditions précaires, ils sont pris en charge toute la journée et sont difficilement approchables par ceux qui voudraient les aider et faire respecter leurs droits. Par exemple, ils touchent des avances de 150 euros tous les 15 jours, le reste du salaire étant censé être versé au retour en Espagne. Comment vérifier que c'est bien le cas, et que les heures supplémentaires sont comptabilisées ? Car ils en font des heures supplémentaires, évidemment. Et quand il y a un accident du travail, qui est responsable ? Un ouvrier équatorien est mort de déshydratation dans une ferme des Bouches du Rhône. Qui aurait dû veiller à ses conditions de travail, l'exploitant ou l'ETT ? C'est devenu un grand classique que d'avoir recours à des sous-traitants pour échapper à toutes ses responsabilités. On le constate avec effroi dans l'industrie nucléaire.

Bien sûr, grâce au statut de travailleur détaché, les cotisations sociales sont payées en Espagne, où elles sont moins élevées qu'en France. Il y a eu des inspections du travail, mais qui n'ont jamais abouti à aucune sanction. Les ETT semblent bien s’être engouffrées dans une brèche que l'Union Européenne a fini par créer après tant de coups de boutoirs ultra-libéraux.

Et ces travailleurs, venant d'Equateur ou de Colombie sont de petits fermiers expropriés ou broyés par les grands groupes et ils n'ont plus que leurs bras pour survivre. Victimes une première fois dans leurs pays de la concurrence mondiale, ils sont esclavagisés pour des exploitants français eux-mêmes pris à la gorge par le système. La mondialisation, c'est vraiment merveilleux.


Les OGM sont arrivés

Le 22 avril dernier, la Commission Européenne a autorisé 10 nouveaux OGM pour l'alimentation, renouvelé 7 autorisations déjà existantes et approuvé 2 nouvelles fleurs OGM. José Bové a résumé la situation « le président de la Commission Européenne Jean Claude Juncker se couche devant le lobby des entreprises transgéniques ».

Les pesticides nous tuent à petit feu

Nous tous, mais les agriculteurs d'abord, qui sont en première ligne puisqu'ils manipulent ces poisons. Combien d'enfants d'agriculteurs déjà touchés par des malformations à la naissance ?


Que fait-on des résistants ?

Et ceux qui se battent pour résister à cette mondialisation et à cette industrialisation de notre agriculture sont criminalisés. Les neuf militants de la confédération paysanne qui ont procédé à des actions de démontage sur le site de la ferme-usine des 1000 vaches ont été lourdement condamnés (de 2 à 5 mois de prison avec sursis). E procès en appel a lieu le 17 juin.

Les vignerons bio qui refusent de traiter leurs vignes aux insecticides sont poursuivis.

Laurent Pinatel, porte parole de la Confédération Paysanne accuse: « ...toujours spolier plus, détruire plus, précariser, polluer, user nos vies et notre planète et la jeter, puisque tout est désormais éphémère, puisque la culture du court-termisme prévaut désormais sur les notions de partage et de vivre ensemble. Nous menons des combats, des luttes pour une certaine idée du bonheur… et on nous oppose ce froid réalisme, cette lucidité bidon, qui tente de nous marginaliser, de nous stigmatiser, de réduire à la portion congrue nos revendications « saugrenues » et « irresponsables »… Parce que concentrer les richesses entre les mains de de quelques uns, ce n'est pas irresponsables ? » Rien à ajouter.

Colombe88@laposte.net

Colombe






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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 19:06

Différentes façons de saigner l'état

Les dispositifs qui permettent aux entreprises de s'enrichir sur le dos de l'état sont en pleine expansion, et nos dirigeants font preuve en la matière d'une belle créativité et d'une motivation sans faille. On pourrait citer le CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) entré en vigueur en 2013 et qui est censé aider les entreprises à « investir, embaucher ou conquérir de nouveaux marchés ». Bien sur, officiellement, elles ne doivent pas l'utiliser pour augmenter les salaires des dirigeants ou les dividendes des actionnaires, mais comme le gouvernement a bien précisé qu'il ne contrôlerait pas son utilisation, le CICE ressemble bel et bien à un cadeau qui coûte à l'état 20 milliards d'euros par an.

On peut aussi citer les PPP (Partenariat Public Privé). Les collectivités, sous prétexte de faire des économies, délèguent des constructions d'installations d'utilité publique à des entreprises privées. Celles-ci prennent en charge leur réalisation mais les louent ensuite à prix d'or. Les collectivités publiques signent là des contrats tellement désavantageux que l'on peut légitimement se demander pourquoi nos élus acceptent avec autant d'empressement de se faire plumer. Mais c'est l'état qui se fait plumer, pas les élus, bien au contraire sans doute. Collèges ou piscines sont ainsi fournis clé en main à des communes qui n'ont plus le souci de gérer la construction et qui ne mettent pas tout de suite la main au porte-feuille, mais qui se feront rattraper par la bombe à retardement des loyers et des engagements signés. Une sorte de vie à crédit, qui peut être intéressante pour l'élu qui signe le projet et qui laisse ses successeurs régler la note plus tard. Le dernier exemple qui a coûté 800 millions d'euros est le contrat qui avait été signé avec la société écomouv pour la mise en place et la gestion de l'écotaxe. L'abandon de celle-ci (autre scandale) a donné lieu à un dédommagement généreux de la société, mais combien cela aurait-il coûté pendant des années si le projet avait été mené à bien ?

Le CIR (Crédit Impôt Recherche) n'est pas en reste. Créé en 2007 sous Nicolas Sarkozy, il a été maintenu par les gouvernements Hollande. Officiellement, il s'agissait de stimuler l'activité Recherche et Développement des entreprises par le biais d'exonérations fiscales. Huit ans près sa mise en place, on peut en faire le bilan : Les exonérations fiscales au titre du CIR ont fortement progressé pour atteindre 6 milliards d'euros en 2014, mais sans aucune efficacité : Les chercheurs du mouvement « Sciences en marche » ont mis en évidence qu'il « n'existe aucune corrélation entre le CIR et la création d'emplois de R&D ». Les dépenses de R&D des entreprises françaises progressent au même rythme que la moyenne des entreprises des autres pays européens qui ne bénéficient pas, elles, de tels dispositifs.

La vérité est que les grandes entreprises utilisent massivement le CIR pour frauder le fisc, en intégrant dans l'assiette du calcul du CIR des dépenses commerciales et administratives. C'est une activité tellement courante, qu'il existe de nombreux témoignages de personnes embauchées et formées tout naturellement à cette manipulation juteuse. Et ce sont les grandes entreprises qui trichent et en profitent : 63 % du CIR ont été captés par des entreprises de plus de 500 salariés, alors qu'elles n'ont créé que 18 % des nouveaux emplois de R&D. Les PME, elles n'ont touché que 37 % du CIR mais ont fait de réels efforts.

La solution est donc toute trouvée : pour vraiment encourager la recherche et le développement, il faut limiter le CIR aux entreprises qui ne le détournent pas, à savoir les PME. Cela en économisera les deux tiers, soit 4 milliards. Ces 4 milliards seraient bien plus utiles pour soutenir les laboratoires publics de recherche qui manquent cruellement de fonds.

Soyez tranquilles, vous êtes surveillés !

Les attentats du 11 septembre avaient justifié le patriot act. L'attentat contre Charlie hebdo a fait passer la loi sur le Renseignement. Au Canada, c'est la loi C-51 qui privera les citoyens de liberté sous prétexte de sécurité. A chaque fois, il y a l'alibi d'un acte terroriste qui nécessiterait des moyens accrus de surveillance et de répression. Au Canada, la loi a été annoncée au soir d'une fusillade au parlement à Ottawa en octobre dernier. Mais elle était étonnamment déjà toute prête et il est évident que les états sautent sur les occasions pour faire passer des lois liberticides qui vont avec l'enterrement accéléré de nos « démocraties ». Ils essayent de nous faire croire que c'est en surveillant tout le monde que l'on va lutter contre le terrorisme… Les tueurs de Charlie étaient pourtant connus et surveillés, et cela ne les a pas empêché de passer à l'action.

Par contre, ces loi pourront être efficaces pour neutraliser des mouvements politiques d'opposition. Dans la loi française, que penser de « la prévention de l'atteinte à la forme républicaine des institutions ». C'est suffisamment flou pour pouvoir faire taire n'importe quel mouvement critique. Même crainte au Canada, en particulier pour les groupes environnementaux. Les militants anti-gaz de schiste sont là-bas déjà très surveillés.

La loi sur le renseignement est discutée en procédure accélérée pour limiter le débat et votée le 9 juin. De nombreux journalistes et personnalités alertent pourtant sur la dangerosité d'une telle loi qui laisse tout pouvoir aux services de renseignement.

« En passant par Ma Lorraine » pour les habitants de la haute Moselotte

Je vous conseille « En passant par Ma Lorraine » ( www.enpassantparmalorraine.fr), le blog d'un groupe d'observateurs avisés de la vie politique et économique du secteur de La Bresse. La lecture en est très agréable et très instructive !

Colombe88@laposte.net

Colombe

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 06:57

La COP 21 : la dernière dernière chance s'annonce mal, mais...

En décembre de cette année se tiendra à Paris la 21ème conférence de l'ONU sur le climat. Elle doit réussir à créer un accord international visant à freiner le dérèglement climatique. Pour mémoire, la dernière conférence qui avait la même ambition était la COP15 qui s'était réunie à Copenhague en 2009. Décrite déjà à l'époque comme la conférence de la dernière chance, elle devait prendre des mesures pour assurer le relais du protocole de Kyoto (né de la COP 3 et déjà bien insuffisant) qui prenait fin en 2012. Mais la conférence de Copenhague avait été un fiasco complet. D'accord, elle n'accordait plus d'avantages aux pays en développement comme la Chine et l'Inde qui, dans le protocole de Kyoto n'avaient pas d'objectifs chiffrés quant à leurs réductions de gaz à effet de serre. Cette fois-ci, toute le monde était traité sur un pied d'égalité. Mais la limite de la hausse des températures que les scientifiques voulait à 1,5 °C était fixée à 2°C d'ici 2050. Et cette limitation n'était véritablement qu'un vœu pieux : L'accord final n'incluait pas d'objectifs chiffrés de réduction des émissions de GES (la cible de réduction de 50 % des émissions de GES avant 2050 avait été retirée de la déclaration), mais pas d'inquiétude, tous les pays acceptaient royalement de donner par écrit les chiffres précis de leurs réductions d'émissions d'ici à 2015. Ouf, nous avions eu chaud ! (ou plutôt nous n'aurions pas trop chaud?)

L'accord de Copenhague n'évoquait plus non plus l'Organisation mondiale de l'environnement qui avait été proposée et qui aurait notamment pu vérifier la mise en œuvre des engagements des États, et croiser ces objectifs avec ceux de la protection de la biodiversité. Seul un accord, mais de principe portait sur « l'importance des mesures visant à réduire les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation de la forêt », et une aide de 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 avait été accordée aux plus vulnérables afin qu'ils puissent mieux supporter les conséquences des changements climatiques. Or, on ne peut qu'être pessimiste sur la réalité de cette aide. Un fonds vert a été créé pour réussir à la mettre en place, mais n'a réussi à rassembler pour l'instant qu'un total de 10 milliards. Et ce ne sont que des promesses de dons ! C'était un accord de principe, vraiment.

La conférence de Paris a donc beaucoup de pain sur la planche. Les enjeux sont terribles. L'échec des précédentes négociations a fait que la situation s'est aggravée et que la limitation à 2°C que les scientifiques jugeaient déjà très insuffisante est devenue quasi-impossible. Comment croire que les états qui n'ont pas réussi à s'entendre en 2009 réussiront à le faire alors que les mesures nécessaires sont maintenant bien plus importantes ?

François Hollande, comme d'habitude est très fort dans les beaux discours sans aucun lien avec la réalité de sa politique. Il avait commencé sa tournée marketing en Indonésie avec Marion Cotillard et Mélanie Laurent en ambassadrices écolos de choc. Alors que l'on peut émettre quelques doutes sur la réalité de son engagement en la matière : L'abandon de l'écotaxe ou la déréglementation des transports interrégionaux prévue dans la loi Macron nous ont montré que la casse organisée du ferroviaire au profit du routier est la véritable feuille de route de son gouvernement.

Nous ne sommes donc pas trop étonnés d'apprendre que des entreprises privées ont été choisies comme mécènes pour financer à hauteur de 20 % l'organisation de la conférence. Ce qui est déjà en soi un problème : 20 % « c’est plus que ce qui s’était fait à la COP19 à Varsovie en 2013. Or, à Varsovie, les associations, mouvements sociaux et syndicats avaient quitté les négociations pour dénoncer la mainmise des négociations par les intérêts privés et les lobbies. On ne peut pas négocier un accord sur le climat avec ceux qui sont responsables du changement climatique : les Etats doivent écouter les intérêts des citoyens, et non les intérêts privés des lobbies et des multinationales. » observe Pascoe Sabido, du Corporate Europe Observatory.

Car en effet les entreprises choisies sont loin d’être engagées dans la réduction des émissions de GES : EDF et Engie par exemple contribuent à elles seules à près de la moitié des émissions de la France. Au fait Engie, c'est depuis avril dernier le nouveau nom de GDF Suez. Comme l'UMP rebaptisé « les républicains », il semble qu'il soit nécessaire de changer de nom quand celui-ci s'est un peu trop sali...

Pourtant le gouvernement avait assuré rechercher des entreprises à la réputation sans faille... Parmi la vingtaine d’entreprises qui composent la première liste de « sponsors », on retrouve aussi Air France, entreprise aéronautique opposée à la réduction des émissions dans le secteur de l’aviation, Renault-Nissan, fabricants d’automobiles extrêmement polluants, Suez Environnement connue pour sa participation au lobby pro-gaz de schiste français, BNP Paribas qui refuse de quitter les paradis fiscaux...

Les entreprises mécènes de la COP apporteront des contributions financières et en nature alors qu'elles contribuent à la pollution. Confierait-on la lutte contre le tabagisme aux cigarettiers ? Pourquoi le fait-on alors pour le climat ?", demande Maxime Combes d'Attac France.

Mais il y a quand même un petit espoir. Il semblerait que les milieux d'affaires et de la finance prennent conscience des risques du réchauffement. Pas pour des questions d'éthique, je vous rassure. Leur motivation vient de la perte de rentabilité des énergies fossiles. Il faut dire qu'elles se raréfient et que leur exploitation devient de plus en plus difficile. Les compagnies d'assurance, elles, commencent à s'inquiéter des catastrophes à répétition. C'est encore très timide, mais il semble qu'une certaine évolution ait commencé. Allez, soyons un peu optimistes pour une fois. Après tout, le pire n'est jamais certain !

Colombe88@laposte.net

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 16:23

L'art au service de qui ?

On le sait, les grands patrons adorent l'art. François Pinault avec ses musées d'art contemporain et Bernard Arnault et sa fondation Louis Vuitton en sont les représentants les plus connus. Pourquoi un tel engouement ?

Tout d'abord, les œuvres d'art sont un placement sûr et fiscalement intéressant.

Ensuite ces grands patrons, en se posant en mécènes s'assurent une publicité positive. Ils se font connaître du grand public en bienfaiteur d'un monde quasi-sacré. On ne peut qu'approuver.

C'est ce statut de l'art et de la culture en général qui pose questions. Qui décide de ce qui est de l'art et de ce qui n'en est pas. Pourquoi et comment est-on un artiste ? Comment justifier du prix de certaines œuvres ? Le marché de l'art en tous cas a perdu toute mesure depuis quelques années.

François Ruffin, le rédacteur en chef du journal Fakir avance une troisième explication à l’intérêt porté par les financiers à la chose artistique. Fakir s'intéresse depuis longtemps au cas de Bernard Arnault, car c'est près d'Amiens, siège de Fakir, que ce grand patron a commencé à sévir. En 1985, il a repris les usines textiles de Boussac Saint-Frères dans la Somme, en promettant aux ouvriers et aux ministres de conserver presque tous les emplois...Et bien sûr , il s'est empressé de fermer et délocaliser toutes les usines sauf une (Dior). Il est maintenant à la tête de l'empire du luxe LVMH. Au prix de combien de chômeurs, de désespoirs, de suicides ? Cela, il ne faut surtout pas en parler. Ce que le public doit croire c'est que l'homme a du génie et a travaillé dur pour réussir. Il faut faire oublier les coups bas. Autrefois, les seigneurs puis les patrons avaient l'église pour se refaire une conscience. Ils achetaient des indulgences ou faisaient la charité pour se laver de leurs péchés. Mais Dieu est mort ou moribond. Il a fallu trouver un autre moyen de s'élever au dessus de ces basses œuvres, un autre moyen de s’anoblir, et c'est l'art qui joue ce rôle. Les ecclésiastiques ont été remplacés par les marchands d'art et quelques artistes eux-mêmes qui savent très bien jouer dans ce grand jeu. Il est vrai que les artistes sont souvent adulés comme des dieux puisqu'ils créent et réussissent à nous parler et nous toucher d'une façon qui ne s'explique pas vraiment. Et, au passage, les grands de ce monde ont tout à gagner à ce changement. Avant, il fallait faire la charité pour gagner son paradis. Là, même plus besoin de s'occuper des pauvres, ni de les approcher, ils restent entre eux, et les quelques artistes élus font vite partie de leur monde…Mais Bernard Arnault a-t-il quand même été touché par la grâce artistique ? On peut en douter. François Ruffin, comme quelques autres ex-salariés du groupe a acheté une action de LVMH afin de pouvoir assister aux assemblées générales d'actionnaires et de pouvoir faire entendre leurs points de vue ( je vous conseille de réécouter à ce sujet les émissions de « Là bas si j'y suis » ou l'on entend comme ils se font couper et expulser violemment parce qu'ils osent demander que les actionnaires prennent moins de bénéfices afin de préserver des emplois). A ce titre, il reçoit le magazine du club des actionnaires de LVMH (magazine qui s'appelle « apartés », normal pour des gens qui veulent rester entre eux et dont les agissements n'ont pas trop intérêt à être médiatisés). François Ruffin décrit un de ces numéros : L'artiste Yves Klein en une, avec le commentaire en édito de Bernard Arnault : « Yves Klein, dont l’œuvre d'une densité quasi spirituelle suscitera certainement l'émotion et la communion d'un très large public ». D'accord. Mais au numéro suivant, c'est l'atelier d'Alberto Giacometti qui est à la une avec le commentaire du même Bernard Arnault « ...Giacometti, artiste majeur d'une force quasi spirituelle, ce qui ne manquera pas de susciter émotion et dialogue avec le plus large public ». Un copié-collé qui en dit long sur la réalité de l'engagement artistique du grand homme.

En attendant, il occupe les médias avec des tas d'événements « quasi-spirituels », et personne ne parle des chômeurs de la Somme. Personne ? Heureusement il y a Fakir. Le journal a réalisé un film : « Merci patron » pour donner la version complète de l'histoire de monsieur Arnault. Et François Ruffin le dit très bien : Nous n'avons pas les moyens dans le rapport des forces actuel, avec des medias, une commission européenne, un gouvernement dévolus au bonheur des financiers, de bouleverser la donne économique, de confisquer à Bernard Arnault et à ses semblables leurs propriétés, …,leurs villas, leurs îles privées, leurs jets et leurs yachts…. Mais maintenir un scrupule, nous le pouvons. Qu'est ce que le scrupule en latin ? C'est le petit caillou dans la chaussure, et dans la conscience. Voilà le message que ce film, et chacun de ses spectateurs adresse à l'oligarchie : vous pouvez vous acheter les toiles les plus modernes et les plus chères, toutes « quasi spirituelles », mais nous savons qui vous êtes, ce que vous valez. Nous, Boussac Saint-Frères, nous n'avons pas oublié,… et nous ferons de notre mieux pour que, avec nous, des milliers de personnes n'oublient pas. Que dans les esprits, les braises demeurent allumées et alors, un incendie reste possible. »

J'ai cité François Ruffin un peu longuement, mais cela valait la peine je pense, et j'espère que comme à moi cela vous a donné envie de voir « merci patron ». A ce sujet, et comme il n'y aura pas de publicité dans les grands médias, c'est à nous d'en parler autour de nous et de demander par exemple à notre salle de cinéma de le programmer, et encore mieux, avec un débat. Et dans le film, un commissaire des renseignements généraux a cette phrase merveilleuse « Ce sont les minorités agissantes qui font tout » . Eh bien oui, alors agissons, ne les laissons pas imposer leur histoire, leur art et leur culture, et créons les nôtres !

100 000 pas à Bure

Sinon, si vous ne savez pas quoi faire le 7 juin, allez marcher à Bure. Au programme, des randonnées, un rassemblement devant le « labo » puis une chaine humaine. Ne laissons pas enfouir des milliers de tonnes de déchets extrêmement dangereux sans possibilité d'intervention en cas de problème...

Colombe88@laposte.net

Colombe

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 17:56

P... de camions, ou l'Europe schizophrène !

Quel est l'outil principal de la mondialisation, celui qui permet les délocalisations ? Le transport bien sur. Les produits fabriqués dans les pays à faible coût de main d’œuvre doivent être transportés là où ils seront vendus. Et pour que les délocalisations soient rentables, ce transport doit avoir un faible coût. Alors vivent les camions, toujours plus nombreux, avec des routiers exploités venus de pays de l'est. Et tant pis pour l'environnement et le social.

Le journal Fakir de mai-juin a enquêté sur la politique européenne en matière de transports des marchandises. Depuis ses débuts, et même avant, avec la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) le but avoué de l'Europe est de « promouvoir le développement des échanges internationaux ». Très bien ! Mais les échanges de quoi ? D'idées, de contacts, d'amitiés. Évidemment non, il s'agissait d'acier, n'oublions pas. Et l'Europe n'a cessé de se développer avec cet unique but : favoriser les échanges commerciaux et organiser le libre échange. Le traité de Rome en 1957 programme pêle-mêle « la libre circulation des personnes, des marchandises, des services et des capitaux » et « l'interdiction entre les états membres des droits de douane à l'importation et à l'exportation ». Les marchandises doivent circuler librement vite et pas cher. Pas de taxes aux frontières, et construisons des autoroutes. Tous les traités européens qui ont suivi ont poussé dans cette direction. Jusqu'au Livre blanc de la commission européenne paru en 2011 où l'on peut lire « La mobilité est essentielle pour le marché intérieur et pour la qualité de vie des européens. Les transports permettent la croissance économique et la création d'emplois ».

Et le résultat est là : Le fret a augmenté de façon incroyable, surtout dans les dernières décennies. Mais le transport, c'est consommateur en énergie, cela pollue, et produit des gaz à effet de serre. Et là dessus aussi l'Europe est formelle, toujours dans le livre blanc, elle affirme « il est impératif de parvenir à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 60 % par rapport à 1990 dans le secteur des transports, qui est à l'origine d'une part importante et croissante de ces émissions ». Effectivement les émissions de GES entre 1990 et 2007 n'ont pas diminué, mais augmenté de 35 %. Le journaliste de Fakir a posé la question toute bête au chargé de la communication de la commission européenne : « Dites-moi, le plus simple pour réduire les émissions de CO2, ça serait pas de réduire les transports ? » Et le dialogue vaut son pesant d'or, le technocrate européen ne comprenant tout simplement pas la question, et débitant des discours formatés. Sans parler de la question qui tue : « on parle beaucoup de relocaliser, mais comment la commission envisage ça ? Il faudrait restaurer des taxes sur les transports ». Mais si les journalistes se mettent à poser des questions intelligentes, où va-t-on ? Le technocrate est sans doute en congé pour surmenage intellectuel depuis.

Mais revenons à notre problème : l'Europe veut favoriser les transports mais diminuer les émissions de gaz à effet de serre. C'est schizophrène, c'est vrai, mais on pourrait peut-être imaginer qu'elle espère le faire en misant à fond sur le rail, beaucoup moins polluant que la route… Eh bien non !

La part du transport routier dans les transports de marchandises n'a cessé d'augmenter, passant de 32 % en 1962 à 57 % en 1985 et atteignant à 85 % en 2013. Et le fret ferroviaire diminuant d'autant, passant de 27 % à 9 % !

En 1968, il y avait 1000 km d'autoroutes en France, il y en a maintenant douze fois plus. Dans les années 80, les gouvernements français ont investi 4 fois plus dans la route que dans le rail, et cela n'a fait qu'empirer : 6 fois plus pour la route dans les années 90, et 7 fois plus depuis 2000.

Et les péages autoroutiers sont très favorables aux camions : les tarifs pour les camions sont 1,8 fois supérieurs à ceux des véhicules légers, alors qu'ils encombrent 2 à 4 fois plus les chaussées et provoquent des dégradations 1 million de fois plus importantes que celles provoquées par les voitures. Et pas d'écotaxe bien sûr, on l'a compris !

Le mode routier a été aussi dopé par une directive de 1985 de la commission européenne instaurant « la liberté totale des prix des transports de marchandises ». En gros, depuis 1934, une loi sur les transports permettait d'équilibrer la répartition du fret entre la route et le rail. D'une part avec un système de licences octroyées aux transporteurs ce qui permettait d'en contrôler le nombre. D'autre part en instaurant un prix plancher sous lequel les transporteurs n'avaient pas le droit de descendre. Depuis la libéralisation totale de 1985, une concurrence acharnée fait rage. Les coûts du transport ont baissé de 25 à 30 % entre 1985 et 1995.

La grande distribution exerce une pression énorme pour qu'ils réduisent leurs prix.Les entreprises de transport doivent s'adapter ou mourir. Et c'est là le paradoxe : le transport routier est en pleine expansion, mais les entreprises de transport vont mal. Le juriste Séphane Carré explique « la libéralisation a réduit les marges des transporteurs routiers (1 à 2 % dans la plupart des cas), et la faiblesse de ces marges a assuré à son tour la domination de la route sur le rail. »

Le coup de grâce a été porté début 2000 avec la l'élargissement de l'union européenne. Un conducteur polonais coûte trois fois moins cher qu'un conducteur français. Le secteur des transports est un des plus touchés par le phénomène de dumping social.

Et le rail ? Les directives européennes sont toutes allées dans le sens d'une libéralisation par saucissonnage de la SNCF pour pouvoir mieux la mettre en concurrence et la privatiser. Le fret ferroviaire a été purement et simplement saboté. La Suisse qui a tenté de résister et qui voulait interdire les camions et les mettre sur des wagons a d'ailleurs dû revoir ses ambitions à la baisse devant les menaces de blocage d'accords commerciaux et d'interdiction des avions de la swiss air sur les aéroports européens.

Malgré ses beaux discours sur l'environnement, l'Europe veut beaucoup, beaucoup de camions pas chers pour préserver les bénéfices des grands groupes.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 18:15
l'impossible aveu

Aveux

Le système qui nous gouverne est bien rodé. C'est toujours le même discours qui tourne en boucle dans les médias, venant de la plupart des hommes politiques, des dirigeants d'entreprises et des journalistes. « Nous vivons au dessus de nos moyens , il faut faire des efforts », « notre système libéral est le meilleur qui soit et il se régule très bien par lui-même » ou « nos démocraties sont les meilleures et tout le monde nous les envie ». Silence radio sur les enrichissements indécents, ou alors sans expliquer qu'il faut y trouver la cause de beaucoup de problèmes. Très peu de choses sur les conséquences dramatiques de la mondialisation et de la spéculation. Rien sur la possibilité d'autres façons d'organiser la société, oubli ou dénigrement systématique des luttes sociales, etc ..

Mais il est difficile de garder toujours la ligne du politiquement correct, et il arrive qu'à la faveur d'un moment de fatigue ou de distraction, la vérité arrive à percer chez l'un ou l'autre.

L'exemple le plus connu est la phrase de Warren Buffet, l'un des hommes les plus riches de la planète : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ». La lutte des classes ? Mais c'est du marxisme ça ? Du communisme ! Complètement ringard ! Cela fait longtemps que personne n'ose plus parler de cela. Les communistes, c'étaient les méchants, mais heureusement les gentils ont gagné et depuis tout va pour le mieux dans le meilleur de mondes. La lutte des classes ? Mais non, ceux qui nous dirigent font tout ce qu'ils peuvent pour le bien de tout le monde, pas besoin de lutter. Et d'ailleurs les syndicalistes ne sont rien que des fainéants qui empêchent les autres de travailler et passent leur temps à essayer de prendre les braves gens « en otage ».

Alors c'est sûr, la phrase de Warren Buffet fait un peu tache. Ouf, il n'y a que les agitateurs que personne n'écoute qui ont relevé la boulette. Pourtant la vérité y était clairement dite : nous sommes en guerre, une guerre économique menée par la classe des très riches. Ils mettent tout en œuvre pour la cacher au plus grand nombre de la classe opprimée et ils ont même réussi l'exploit de lui faire croire que ceux parmi eux qui sont conscients et tentent de résister sont leur ennemis.

Un autre exemple à propos de la Grèce, qui doit absolument rembourser sa dette au prix d'une austérité criminelle. Alexis Tsipras demande l'annulation de la partie de cette dette qu'il juge illégitime. Après tout, les deux tiers de la dette de l'Allemagne après la deuxième guerre mondiale ont été annulés dans l'accord de Londres de 1953. Si l'on compare les deux situations, l'injustice en défaveur de la Grèce est frappante. Pourquoi a-t-on été aussi compréhensifs avec l'Allemagne, annulation d'une grande partie de la dette (qui était pourtant assez légitime...), mais aussi nombreuses autres facilités, alors que l'on est d'une sévérité incroyable avec la Grèce, exigeant d'elle des réformes structurelles, des privatisations ..? Là encore, silence. Non, un journaliste de l'agence Bloomberg (agence financière américaine, peu suspecte de gauchisme) a osé une explication : « l'Allemagne de l'époque devait être aidée car elle était un rempart contre le communisme ». Adossée au mur de fer, elle devait être forte, la vitrine du monde des gentils. Si on l'avait trop saignée, cela aurait fait mauvais genre, et les allemands de l'ouest auraient même pu se révolter et passer à l'est ! Alors que la Grèce actuelle, c'est tout le contraire : elle a élu un gouvernement de quasi-communistes qui ne doivent absolument pas réussir car ils pourraient donner envie à d'autres pays européens de suivre l'exemple.

Troisième exemple tout récent : « La France serait heureuse que quelqu'un force le parlement, mais c'est difficile, c'est la démocratie ». La phrase a été prononcée à Washnigton par Wolfgang Schaüble ministre allemand des finances. La France voudrait forcer le parlement, elle regretterait cette fichue démocratie… La France ? Monsieur Schaüble a vendu la mèche complète : En fait de France, il s'agit de messieurs Sapin et Macron qui se plaignent de ne pas pouvoir faire tout ce qu'ils veulent. Ils ont quand même du toupet, parce que la démocratie, franchement, elle ne les gêne pas beaucoup. Ils mènent sans état d’âme une politique de droite alors qu'ils ont été élus avec une autre étiquette. Les soi-disant frondeurs du PS ne frondent pas tant que cela. Quelques déclarations tonitruantes qui ne se traduisent presque jamais dans les faits, et si cela traîne trop, on sort le 49-3 pour rappeler qu'on n'est pas là pour discuter. Alors l'aveu ici n'est pas complet. Il fait croire que la démocratie française fonctionne encore. Ce qui est évidemment loin d’être le cas. Vivement la sixième république ! (A ce sujet, le mouvement M6R pour la sixième république sera présent sur de nombreux cortèges du 1er mai pour faire grandir l'idée...)

C'est toujours amusant de constater les petites fuites de la machine …

Colombe88@laposte.net

Colombe

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 18:20
l'impossible nucléaire

Enfin la fin de l'ère nucléaire ?!!

C'est une bonne, c'est une excellente nouvelle qui vient d'arriver.

L'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) vient de publier un rapport qui stipule que la France pourrait produire la totalité de son électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici à 2050. Elle pourrait même produire 3 fois plus d'électricité que nécessaire : 1268 térawatts-heure (TW.h) alors que la consommation estimée serait de 422 TW.h.

C'est que « la France dispose d'un potentiel renouvelable considérable. » explique l'étude qui estime que la production pourrait se répartir ainsi : 63 % d'éolien, 17 % de solaire, 13 % d'hydraulique, et 7 % de thermique renouvelable. Et vous savez quoi ? Cela ne coûterait pas plus cher !

Une étude qui devrait faire avancer un peu les choses, et qui a le mérite de clouer le bec à tous ceux qui traitent les anti-nucléaires de doux rêveurs. A leur décharge, la propagande du lobby nucléaire était jusqu'à maintenant efficace et relayée par tous les dirigeants politiques de l'UMP au PS. Le fait que cette étude ait réussi à sortir montre que les fous du nucléaire perdent de leur puissance. Il faut dire que les casseroles s'accumulent et qu'il est de plus en pus difficile de défendre l'indéfendable : Les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, le problème non résolu des déchets, les nombreux accidents, la difficulté voire l'impossibilité technique du démantèlement des centrales et le coût de ses démantèlements évidemment encore impossible à évaluer, mais qui s'annonce déjà pharaonique. Le dernier scandale révélé ce mois-ci, est celui du réacteur de l'EPR de Flamanville, qui apparemment avait un défaut connu depuis 2011, mais qui a tout de même été installé en janvier 2015, et deux autres réacteurs ayant le même défaut ont été livrés à la Chine. Si l'observatoire du nucléaire rend publique la note d'EDF qui prouve que le défaut a été sciemment caché, c'est que décidément le vent a tourné. Tant mieux.

Il reste à prendre les décisions : cap sur l'éolien ! La récente loi sur la transition énergétique manquait cruellement d'ambition puisqu'elle prévoyait encore 50 % de nucléaire en 2050. La ministre de l'environnement Ségolène Royal devrait revoir sa copie maintenant que tout le monde sait que c'est possible.

Reste que même si l'on ferme toutes les centrales maintenant, et que l'on réussit à trouver une solution pour les démanteler, cette folle aventure va continuer à nous polluer pendant des milliers d'années. Il y a déjà eu tellement de dissémination de produits radioactifs partout sur la planète.

Et va-t-on un jour poursuivre tous ceux qui ont pris le risque de choisir le nucléaire ? Des centaines de milliers de morts (près d'un million rien que pour Tchernobyl ), et personne ne se demande qui sont les responsables ? Ceux qui ont décidé de jouer avec le feu et de mettre en danger des millions de personnes, voire la planète toute entière, ceux qui continuent envers et contre tout à promouvoir le nucléaire, à cacher des défauts qui pourraient être fatals, ceux-là n'auraient pas à répondre de leurs actes ?

Nous n'y sommes pas encore, mais les temps changent et cela arrivera obligatoirement un jour.

Pas d'impunité pour les multinationales

Et s'il ne devrait pas y avoir d'impunité pour l'industrie nucléaire, il ne devrait pas non plus y en avoir pour les multinationales. Nous parlions la semaine dernière des négociations du TAFTA, traité de libre échange entre les Etats-Unis et l'Europe. Les traités de libre échange qui se multiplient ainsi un peu partout organisent la toute puissance des multinationales face aux états qui n'ont plus qu'à s'incliner.

Depuis quelques décennies, les fusions et acquisitions des entreprises ont mené à une concentration du capital. Les multinationales de plus en plus puissantes ont réussi à imposer leur volonté aux politiques et à instituer, via notamment ces fameux traités de libre échange, une « architecture de l'impunité ». Les multinationales peuvent violer les droits de l'homme et les droits du travail, dévaster l'environnement, sans être réellement inquiétées.

Quand une catastrophe est trop voyante, comme l'écroulement du Rana Plaza au Bangladesh ou le massacre des mineurs de Marikana en Afrique du sud, les medias en parlent et s'indignent. Et encore la médiatisation n'implique pas toujours la justice, puisque les responsables de l'explosion de Bhopal en Inde n'ont toujours pas été punis. Mais la plupart du temps, les exactions se font dans le plus grande indifférence : La plupart des grandes multinationales contreviennent au simple droit à disposer de moyens de subsistance quand elles pratiquent l'accaparement ou la pollution des terres.

Malgré plusieurs expériences dans les années 1970 et 1990 au sein de l'ONU, il n'existe pas au niveau international d'instrument juridiquement contraignant pour réguler et contrôler les impacts des multinationales. Le 26 juin 2014, le conseil des droits de l'homme de l'ONU a accepté un projet de résolution déposé par l'Equateur et l'Afrique du Sud pour tenter d'instaurer de nouvelles normes internationales. (Devinez quels pays s'y sont opposés ? Les Etats Unis bien sur, mais aussi l'Allemagne et … la France !) Espérons que cette initiative débouche sur quelque chose, mais il est sur que cela prendra beaucoup de temps.

En attendant, certains s'organisent pour résister. En France, un observatoire des multinationales a été créé (www.multinationales.org ) par une équipe qui publiait déjà sur le site Basta ! (www.bastamag.net) Il développe des partenariats avec des organisations similaires à l'étranger (SOMO, TNI, Corporate Europe Observatory, etc..)

Et nous, nous pouvons aller manifester contre les accords de libre échange à Saint Dié à l'appel de l'association ATTAC samedi 25 avril à 14h 30 au pont de la république.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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