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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 06:56

Code du travail obèse ...Pourquoi tant de haine ?

Le code du travail français est régulièrement attaqué depuis quelques années.

En mars 2013 chez Ruquier puis en septembre 2014 au JT de France 2, François Bayrou s'était livré à un petit show en faisant tomber lourdement un énorme pavé de 3000 pages : le code du travail français, en le comparant au code du travail suisse qui, lui, tenait dans une simple brochure de 100 pages. Nombreux sont ceux qui l'ont approuvé, de François Lenglet à Alain Finkielkraut. Selon eux, il faut y voir la raison au fait que la Suisse n'ait que 4 % de chômage, et qu'il n'y ait presque plus d'embauches en CDI en France. Cette comparaison des deux codes est pourtant malhonnête : le code suisse ne reprend pas la totalité de ce qui régit le travail. D’autres textes sont répartis, entre autres, dans le code des obligations, dans la Loi sur la participation. Quant au si imposant code français, il ne s’agit pas que des textes de base (celui que l’on trouve sur legifrance.fr) mais d’une version augmentée d’une multitude de commentaires et de jurisprudences. Si l’on ne retient que les véritables articles de lois, le code du travail français diminue de moitié ou des deux tiers. Et puis pourquoi s'en prendre au seul code du travail ? Le code du commerce est presque aussi volumineux mais ne fait pourtant pas l'objet d'autant d'attaques.

Cette année, celles-ci sont venues d'abord en juin de Robert Badinter, puis à la rentrée, des rapports venant des think tanks Terra Nova et l'Institut Montaigne et d'un ancien directeur du travail, M. Combrexelle, qui ont tous conclu qu'il fallait revoir notre droit du travail.

Quels sont leurs arguments ? Le code du travail serait obèse, illisible, complexe.

Bien sûr, la réglementation est importante en France : résultat de longues luttes sociales et de compromis, comme tout le droit social français. Les textes doivent être précis et pour prévoir tous les cas de figure et éviter les contentieux. Mais surtout, ce que ces accusateurs oublient d'expliquer, c'est qu'une part de la complexité actuelle du code du travail vient de des nombreuses dérogations obtenues ces dernières années par ceux qui veulent contourner ce code. Par exemple, il y a aujourd'hui plus de 20 formes de contrats de travail dérogatoires au CDI. La tactique est redoutable : faire adopter de multiples amendements pour compliquer le texte, puis prétexter la complexité pour demander la suppression pure et simple.

Si ces messieurs veulent réellement simplifier, il serait très facile de supprimer les nombreuses dérogations qui vont dans le sens de plus de précarisation.

D'autre part, ce qu'ils préconisent conduirait à la fin d'un code du travail unique au profit d'accords spécifiques par entreprises, ce qui signifie de multiples cas particuliers et jurisprudences. Bien plus complexe !

Autre argument avancé : Un droit du travail trop protecteur entraverait la compétitivité.

C'est faux. Aucun lien n'a jamais été démontré entre compétitivité économique et droit du travail. Même le FMI l'a affirmé dans un rapport en avril 2015, « la réglementation du marché n'a pas, selon l'analyse, d'effets statistiquement significatifs sur la productivité totale des facteurs ».

En fait, la proposition principale de ces réformateurs est de remettre en cause l'ordre public social ou « principe de faveur », principe selon lequel les accords et conventions collectives peuvent déroger à la loi, à condition d'être plus favorables que celle-ci : les accords de branche doivent être plus favorables que la loi, et les accords d'entreprises plus favorables que les accords de branches.

Ce principe a déjà été bafoué ici ou là. Mais les nouveaux rapports en proposent une remise en cause générale : la loi ne s'appliquerait plus qu'en cas d'absence d'accord. Les accords de branche ou d'entreprise pourraient revenir par exemple sur le seuil de déclenchement des heures supplémentaires et sur leur taux de majoration, ce qui aurait un effet catastrophique en terme d'emplois.

Autres préconisations : l'institut Montaigne propose carrément de pouvoir déroger au SMIC. Ben voyons...

Le rapport Combrexelle suggère que la négociation collective impose de nouvelles formes de contrats de travail. Les mini-jobs allemands ou les contrats 0 heures anglais ? Non merci.

Alors bien sûr, ces rapports mettent en avant le « dialogue social » dans les entreprises. Quel dialogue social possible dans un contexte de chômage aussi important, sinon du chantage du genre de celui fait aux ouvriers de Smart : « travaillez 39h payées 37 ou nous délocalisons en Slovénie » ? Une négociation n'est possible que si les deux parties sont de forces équilibrées. Il est donc crucial de conserver une loi générale pour protéger les travailleurs.

Enfin, il est tout aussi important de mettre les moyens pour vérifier que le code du travail est respecté. Or des entreprises fraudent sans vergogne (25 milliards d’euros perdus selon la Cour des comptes : travail au noir, déclarations insuffisantes), et les services de contrôle du travail souffrent des réductions drastiques des effectifs, imposées par les gouvernements Fillon et insuffisamment compensées depuis l’arrivée de Hollande.

Colombe88@laposte.net

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 08:11

Union de la gauche ? Oui ! Mais ... problème

Le parti socialiste a sorti le grand jeu avec un référendum destiné aux sympathisants de gauche. La question : "Face à la droite et à l'extrême droite, souhaitez-vous l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales?"

Question d'une incroyable ineptie. Qui peut vouloir la désunion ? Vu la situation, il est urgent de se rassembler pour résister au recul social, au repli identitaire et pour faire avancer un programme qui mette en œuvre la solidarité et le respect de l'environnement. Pas étonnant que le « oui » ait atteint les 90 %.

Donc tous les gens de gauche doivent s'unir, nous sommes d'accord. Et maintenant que fait-on ? On s'unit avec le PS ? Comme avant chaque élection, le PS fait la danse du ventre avec une étiquette « gauche » sur le nombril. Mais les étiquettes et les mots ne suffisent pas. Regardons les actes. Les socialistes sont au pouvoir depuis 3 ans et demi. Le bilan est lourd : allégeance zélée à l'Europe libérale, CICE, pacte de responsabilité, loi Macron… Presque toutes les décisions du gouvernement sont clairement de droite.

Le cas Macron est des plus emblématiques de cette usurpation d'étiquette : Le fringant ministre remet en cause les 35 heures, s'en prend au statut des fonctionnaires, dédaigne les élections : être député, donc élu du peuple tient « d'un ancien temps », en effet, il vaut mieux comme lui se former dans une grande banque d'affaires. Il veut que les jeunes aient l'ambition de devenir milliardaires, méprise les travailleurs qu'il traite d'illétrés, les met dans des autocars, (le train accessible à tout le monde, ce serait donner de la confiture aux cochons ?), veut mettre tout le monde au travail le dimanche, etc. Bref, on a bien compris qu'il aurait été tout à fait à sa place dans un gouvernement de Sarkozy. Mais tenez-vous bien : il est de gauche ! Si, si, il le dit, il l'affirme, alors il faut le croire…C'est tellement gros que Jean Christophe Cambadélis lui-même a été obligé de reconnaître qu'effectivement monsieur Macron n'était pas vraiment de gauche : il serait un ministre « d'ouverture ».

Nous pourrions peut-être accepter ces justifications gênées du secrétaire du PS si Emmanuel Macron était le seul. Malheureusement, il y a beaucoup, beaucoup trop d'ouvertures dans ce gouvernement. Etre plus ouvert aux idées de droite, c'est même difficilement possible. Dernier exemple en date : le soutien d'Emmanuel Valls au plan de restructuration d'Air France. Sa condamnation des déchirures de chemises sans mise en perspective avec la violence des centaines de licenciements.

Non, décidément, la question posée nous reste au travers de la gorge : « Face à la droite ... » Quel toupet de prétendre s'opposer à ceux dont on applique les idées.

« et l'extrème droite... ». Nous y voilà. L'éternel refrain. Si vous ne voulez pas nous soutenir, ce sera le front national qui gagnera. Bon, ne polémiquons pas sur le dérapage de 'Emmanuel Valls à propos des roms, et reconnaissons que les socialistes jusqu'à présent sont moins ouverts que « les républicains » aux idées d'extrême droite (c'est bien le minimum). Mais ils ne sont pas les mieux placés pour se poser en résistants : Juste un petit rappel : en 1981, le FN était encore insignifiant : 0,18 % aux élections législatives. 1981, c'était l'espoir incarné par Miterrand. La gauche, enfin. Le changement ! Beaucoup y ont cru. Mais en 1983, cela a été le virage de la rigueur. A droite toute. La douche froide. Et aux européennes de 1984, le FN a obtenu 10,95 %. Alors sans doute, il n'y a pas une vraie relation de cause à effet. Le phénomène est plus compliqué que cela. N'empêche. Si une vraie politique de gauche avait été menée, tout le monde aurait pu constater la différence. Pas autant de déception, de désespérance, de « tous pourris », de « on a essayé, la droite et la gauche, ça ne marche pas, alors on essaye le FN ».

Non, pour lutter contre l'extrême droite, une seule solution : essayer enfin la gauche.

La balle est dans le camp du gouvernement. Et tant qu'il ne nous a pas prouvé qu'il joue dans la bonne équipe, il n'y a pas d'alliance possible.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 21:38

VW, Opel, BMW, Citroën etc... : même impasse. Respirer ou conduire !

Comme pressenti la semaine dernière, il semble bien que Volkswagen ne soit pas la seule à tricher sur le niveau de pollution de ses moteurs diesels. Des ONG ou des organisations de consommateurs dénoncent depuis longtemps déjà la non fiabilité des tests qui vérifient que les véhicules respectent bien les normes en vigueur et permettent leur mise sur le marché. Depuis 1991, l'UE a mis en place les normes « Euro » qui réglementent la teneur des gaz d'échappement pour le monoxyde de carbone, le CO2 les hydrocarbures imbrûlés, les oxydes d'azote et les particules fines (pour l'instant les PM10, alors que les particules PM2,5 plus fines sont encore bien plus nocives, mais c'est encore un autre sujet, qui fâche..)

Les performances d'émissions annoncées par les constructeurs sont impossibles à reproduire en conduite réelle. Les études de l'ONG Transport & Environment (T&E) sont sans appel : les nouveaux modèles diesel émettent sur route en moyenne cinq fois plus d'oxyde d'azote qu'autorisé par la loi actuelle, et seulement un sur dix est en conformité. Et comme les normes sont de plus en plus restrictives, l'écart entre la norme et les émissions effectivement mesurées est de plus en plus important. Alors comment expliquer que tous ces véhicules réussissent à passer les tests ? T&E se demande ouvertement si certains modèles de BMW, Opel ou Citroën ne seraient pas eux aussi équipés d'un système capable de détecter s'ils sont en mode test. Il semble que les constructeurs ne réussissent plus à faire beaucoup avancer la recherche, mais ils continuent à prétendre que le diesel devient de plus en plus propre, et ont misé sur la fraude.

L'hypocrisie vient aussi des pouvoirs publics. La conception des tests date de 1973. Ils n'intègrent ni le style de conduite, ni la climatisation, (entre autres), et le protocole est parfaitement connu des constructeurs qui se sont adaptés pour obtenir de bons résultats. Les autorités sont parfaitement au courant de tout cela. Les ONG et associations réclament depuis longtemps des tests plus fiables, mais sans succès. La vérité est que la lutte contre la pollution va à l'encontre du business, et comme d'habitude les gouvernements s'inclinent face au chantage à l'emploi que leur font les grands constructeurs. Le préjudice est double : en dépassant les normes de pollution, les constructeurs automobiles mettent en danger la santé de tous les citoyens et participent au dérèglement climatique. Ils pillent aussi les caisses de l'état puisqu'ils bénéficient d'aides pour les moteurs qui rejettent très peu de CO2. T&E estime que s'il y a eu triche sur les émissions de CO2, ce sont environ 1,5 milliards d'euros de bonus d'aide aux véhicules propres qui ont été versés indûment. Sans parler des malus auxquels les tricheurs ont échappé.

Comme d'habitude, la démocratie ne fonctionne pas. On n'a pas écouté les associations de citoyens, on n'a pas pris en, compte la santé publique, et les grands groupes industriels ont pu engranger leurs profits. Étrangement et heureusement, l'ONG International Council for Clean Transportation a réussi à faire éclater l'affaire aux Etats Unis. Il reste à espérer que le scandale aura fait prendre conscience du problème et que les citoyens en tireront les conséquences. Il semble que ce soit le cas, car les ventes de diesel ont commencé à baisser depuis deux ans. L'opinion publique est en train de basculer.

Mais cela ne suffira pas. Par quoi remplacer le diesel ? Les moteurs à essence ne sont pas propres non plus. Quant aux véhicules électriques, ils posent le problème de la production d'électricité. Le nucléaire étant une aberration totale et les énergies renouvelables encore bien insuffisamment développées, ils sont loin d'être une solution.

Et puis encore une chose : pourquoi ne parle-t-on pas des transports routiers ? Les camions roulent au diesel, les bus, chers à monsieur Macron aussi. On a supprimé l'écotaxe, on sabote allègrement le transport ferroviaire qui pourrait remplacer ces gros pollueurs.

Le moins que l'on puisse dire est que notre gouvernement (mais il n'est pas le seul) ne fait pas tout ce qu'il peut pour trouver des solutions au dérèglement climatique. L'épisode VW montre que les entreprises non plus, bien au contraire, malgré leurs discours écolos.

Il faut le dire et le redire : la loi du profit maximum est incompatible avec la survie de la planète.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 07:14

Le grand défi de l'OIT

Qu'est ce que l'OIT ? L'Organisation Internationale du Travail (OIT) a été créée en 1919 au lendemain de la première guerre mondiale, dans le but de promouvoir la justice sociale et notamment de faire respecter les droits de l’homme dans le monde du travail.

Sa constitution débute ainsi en affirmant : « une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale ».

Devenue en 1946 une émanation de l’ONU (comme l'OMS par exemple), l’OIT compte aujourd’hui 182 Etats membres. Son siège est à Genève et le Bureau International du Travail (BIT) en est le secrétariat permanent

Elle est dirigée par un conseil d’administration qui est composé de 56 membres de façon tripartite : 28 représentants des Etats membres, 14 représentants des employeurs et 14 représentants des travailleurs des Etats membres. Ce conseil d'administration travaille sur la base du consensus.

La Conférence internationale du travail qui réunit les représentants des employeurs, des travailleurs et des gouvernements de tous les Etats membres, adopte le programme et le budget de l’Organisation Internationale du Travail mais surtout oriente ses travaux en adoptant de nouvelles conventions et normes internationales destinées à orienter les législations et les pratiques nationales.

L’OIT fournit d’autre part une assistance technique aux gouvernements mais aussi aux organisations d’employeurs et de travailleurs.

Le conseil d’administration de l’OIT a qualifié de fondamentales 8 conventions qui traitent de questions considérées comme fondamentales dans le domaine de la justice sociale et du droit du travail.

Ces questions concernent : la liberté syndicale et la reconnaissance du droit de négociation collective ; l’élimination de toute forme de travail forcé ; l’abolition effective du travail des enfants ; l’élimination de toute discrimination en matière d’emploi.

L’OIT a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1969 pour l’ensemble de son action et deux de ses actions récentes les plus marquantes concernent la mondialisation : la création d’une Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation en 2002 ; l’adoption d’une « Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable » en juin 2008.

Bernard Thibaut, ancien cheminot qui a dirigé la CGT de 1999 à 2013 fait partie du conseil d'administration de l'OIT, au nom du groupe des travailleurs, bien sûr. Il explique les difficultés grandissantes de l'OIT et l'importance de sa mission devant la grande offensive libérale.

Jusqu'à présent, les avis émis par l'OIT, même s'il n'est pas prévu de mécanisme de sanction, ont eu un un effet incitatif ou dissuasif sur les états fautifs.

Entre 2012 et debut 2015, l'OIT était bloquée, car les membres du groupe des employeurs refusaient de reconnaître le droit de grève. ( Ils participent d'ailleurs de moins en moins aux négociations, préférant se faire représenter par leurs avocats) Le droit de grève fait pourtant partie des textes fondamentaux adoptés par les nations à la création de l'OIT. Mais depuis 2012, à chaque fois que les cas étudiés impliquaient la question du droit de grève, les membres émanant du groupe des employeurs refusaient de voter l'avis de mise en demeure.

Les Etats y ont mis le temps, mais ont quand même fini par s'engager un peu et ont reconnu que le droit de grève était inattaquable. Les employeurs ont donc dû revenir depuis février 2015 à la table des négociations. Mais il ne faut pas se faire d'illusions, ce n'est qu'une trêve, et le patronat reviendra à la charge, car il ne veut plus entendre parler d'un code du travail à l'échelle mondiale.

Pourtant, c'est la seule solution. Tant que les lois sur le travail ne seront pas valables sur toute la planète, le dumping social sera possible, et la loi de la jungle gagnera.

L'OIT a donc une importance cruciale et il faudrait lui donner les moyens de faire appliquer les grands principes qu'elle a adoptés il y a presqu'un siècle. Code du travail, liberté syndicale, droit de grève sont des droits universels et donc non démodables, contrairement à ce que l'ont tente de nous faire croire.

Et si VW était l'arbre qui cache la forêt ?

VW a triché sur le niveau de pollution de ses moteurs diesel. C'est mal. Maintenant, sommes-nous sûrs que les autres constructeurs ne font pas le même genre de chose ? Si un groupe y a pensé, il serait bien étonnant que d'autres n'aient pas eu la même tentation.

Une chose est certaine : le vélo pollue beaucoup, beaucoup moins.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 06:47

Europe : Le plan B ou la mort

Syriza vient de remporter haut la main les élections législatives. Les grecs lui ont renouvelé leur confiance pour la troisième fois en huit mois. Ils continuent à penser qu'Alexis Tsipras est le plus apte à les sortir du terrible piège dans lequel ils sont tombés. A vrai dire, ils ont bien du mérite. L'abstention a d'ailleurs été très forte. Comment en effet ne pas être désorientés devant le capitulation signée le 13 juillet sous la pression de l'Europe, au mépris de tous les engagements pris ?Comment ne pas se sentir trahis quand celui qui a demandé lors du référendum du 5 juillet de rejeter le plan d'austérité accepte huit jours plus tard des conditions encore plus sévères ?

Les grecs font preuve d'une belle maturité politique. Bien sûr ils ont été déçus de l'échec de Syriza face à l'intransigeance de la troïka, mais ils comprennent que les autres partis n'auraient pas fait mieux, bien au contraire, et que Tsipras est le seul à avoir essayé de les défendre. Espérons qu'il continuera à tenter de le faire. Pour cela il doit maintenant tirer les leçons de ses échecs.

Nous devons d'ailleurs tous apprendre de cette expérience. Tout d'abord il doit être maintenant clair pour tout le monde que l'Union Européenne s'assoit allègrement sur la démocratie. Elle a multiplié les chantages, menaces et diktats sans se laisser émouvoir par le résultat du référendum. Jean Claude Juncker a été d'ailleurs très explicite : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » . La troïka est toute puissante et n'a que faire de le volonté des peuples, elle n'obéit qu'aux lois de la finance. Et cela de façon complètement aveugle, contre tout bon sens car l'austérité n'a rien résolu depuis le début de la crise grecque. Tout le monde sait que la Grèce ne pourra jamais rembourser sa dette, qui sous l'effet du « remède » européen monte en flèche. Christophe Alévèque le dit très bien : « la Grèce ne paiera jamais sa dette, reste à savoir quand... ». En effet, reste à savoir quand les commissaires européens et la BCE réaliseront que leur stratégie aggrave la situation, même pour eux.

Le deuxième constat que l'on fait est que les mobilisations de gauche en Europe ont été bien insuffisantes, voire inaudibles. Les forces de gauche n'ont hélas pas réussi à rassembler des mouvements de solidarité qui auraient pu peser dans le rapport de force.

Enfin, il est désormais évident qu'il faut mieux se préparer à la rupture. Alexis Tsipras a avoué pendant et après les négociations qu'il n'avait pas de plan B, et quand il a démissionné le 20 août, il a reconnu qu'il n'avait pas anticipé la réaction violente qu'ils avaient subi. Le coup de force contre Chypre en 2013 aurait dû lui mettre la puce à l'oreille, et il aurait pu écouter Yanis Varoufakis qui avait commencé à travailler sur une éventuelle sortie de l'euro.

Désormais les force de la gauche européenne ne pourront pas dire qu'elles ne savaient pas à quoi s'attendre. Si elles arrivent au pouvoir, il faut qu'elles aient sérieusement réfléchi à un plan B.

Les 11 septembre dernier, Jean-Luc Mélenchon, la présidente du parlement grec Zoe Konstantopoulou, et les trois anciens ministres des finances Oskar Lafontaine, Yanis Varoufakis, et Stefano Fassina ont publié une tribune pour expliquer la nécessité de ce plan B. C'est la première fois en Europe depuis 2005 que des dirigeants politiques de plusieurs pays se rapprochent pour ouvrir une voie alternative. Et pas n'importe lesquels : la Grèce bien sûr puisqu'elle est en première ligne, mais aussi l'Allemagne, la France et l'Italie qui sont les trois plus grands pays fondateurs de l'UE.

Une autre Europe ? Chiche !

Conférence débat à Epinal

Renaud Lambert, rédacteur en chef adjoint du monde diplomatique sera à Epinal (Amphithéatre de la faculté de droit) vendredi 25 septembre à 20h 30.

Dictature de la finance, libre échange (TAFTA..), changement climatique seront au coeur de la discussion.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 19:16

Accueillons les migrants, c'est bon pour l'économie et pour le moral

La valse hésitation des pays européens face à l'afflux des réfugiés fait peine à voir. On a tout d'abord tout fait pour les ignorer, en renforçant discrètement les contrôles pour tenter de les empêcher d'arriver. Peine perdue évidemment. Il a bien fallu admettre qu'il fallait faire quelque chose, mais là, toujours la même frilosité de la part des pays européens qui, une fois de plus ont fait la démonstration que l'Union Européenne était incapable de solidarité, même interne. La montée des mouvements d'extrême droite a complètement tétanisé les politiques, qui, pour caresser leur électorat potentiel dans le sens du poil, en rajoutent toujours dans le rejet de l'autre. Il fallait les faire disparaître de Calais, de Paris, de partout, les parquer ailleurs, les laisser en Italie, en Grèce, mais surtout pas chez nous. La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, n'est-ce-pas ?

Et puis Angela Merkel a jeté un pavé dans la mare : il était indigne de se comporter ainsi. Il fallait les accueillir. Compassion sincère ou simple calcul au vu de la démographie allemande qui aura besoin de jeunes bras pour financer ses retraites ? Laissons-lui le bénéfice du doute. Toujours est-il que cela a sérieusement embarrassé les autres pays qui se sont sentis soudain honteux de leur attitude. Une photo choc là dessus, et la population elle-même s'y est mis et s'est pressée pour accueillir un migrant à la maison… Les gouvernements ont donc fait quelques déclarations généreuses (mais avec un sourire un peu forcé quand même), en s'engageant à accueillir un certain nombre de réfugiés. Effort bien insuffisant.

Et l'Allemagne provoque un nouveau coup de théâtre dimanche soir : trouvant que les autres pays ne participent pas suffisamment à l'accueil, elle décide de fermer ses frontières. Là encore, est-ce la véritable raison, difficile à dire, mais on ne peut pas lui donner tort. C'est un fait que l'effort européen est assez pitoyable.

Pourtant les raisons ne manquent pas d'accueillir ces hommes et ces femmes. La simple humanité. Leur culture, ou leur envie de vivre après les épreuves qu'ils ont subies... Mais comme cela ne suffit pas apparemment, on peut y ajouter un argument : l'argument comptable, (pas suffisant bien sûr puisqu'il mènerait à expulser tous nos concitoyens moins productifs, les malades, vieux ou handicapés), mais qui devrait convaincre ceux qui focalisent pathologiquement sur les migrants qui viennent manger notre pain.. Les migrants, qu'ils soient réfugiés politiques ou migrants économiques ( parce que c'est aussi pénible cette différence : on a le droit de venir si l'on fuit les combats ou la persécution, mais pas si l'on fuit la faim. Tous ces gens risquent la mort en traversant la Méditerranée, ils ne le font pas de gaieté de coeur, et quelques soient les raisons qui les poussent à cela, elles sont sûrement légitimes..), tous ces migrants donc, sont une valeur ajoutée, ils enrichissent aussi l'économie des pays dans lesquels ils arrivent.

Une étude de l'ONU dans soixante-quatorze pays a montré que quand l'immigration augmente la population active d'un pays de 1 %, le PIB augmente aussi de 1 %. Bref, les immigrés n'appauvrissent pas les pays d'accueil. On oublie trop souvent que les immigrés sont aussi des travailleurs et des consommateurs. On peut schématiser cela en disant qu'ils créent leur emploi. En France comme ailleurs.

De plus, une étude menée par le ministère des affaires sociales a fait le bilan de ce que rapportent et coûtent les immigrés. En moyenne, ils perçoivent plus de prestations sous conditions de ressources. Normal, ils sont plus pauvres que la moyenne. Par contre, étant sous-représentés dans les catégories les plus coûteuses des jeunes et des vieux, ils pèsent moins sur les prestations sociales. En fin de compte, globalement, les cotisations payées sont légèrement supérieures aux prestations reçues, on peut donc dire que l'impact de l'immigration sur les budgets sociaux et plus généralement sur l'économie est plutôt positif. Cela fait du bien de le rappeler.

N'ayons pas peur.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 06:46

CIGEO, la couleuvre de l'été n'est pas passée

Nous sommes habitués à voir passer des lois qui dérangent en catimini, en juillet, quand tout le monde est en vacances… Cette année, il faut croire que le projet était particulièrement dérangeant parce qu'il était vraiment bien caché : un amendement rajouté à la dernière minute dans la loi Macron, indescriptible fourre-tout-libéral. De quoi s'agit-il ? Du programme CIGEO d'enfouissement des déchets nucléaires. Pas de chance, la ficelle était un peu trop grosse et le conseil constitutionnel l'a censuré au motif qu'il s'agissait d'un « cavalier législatif », c'est à dire que l'amendement n'a rien à voir avec le thème de la loi (qui pourtant n'en avait pas...)

Alors CIGEO, revenons-y. C'est le projet que l'ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires) a d'enfouir à Bure dans la Meuse, à 500 m sous terre 80 000 m³ de déchets nucléaires. Pour être plus précis : 70 000 m³ de déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) (jusqu'à 16 millions d'années pour certains éléments), et 10 000 m³ de déchets de haute activité (HA). Très concentrés, ces HA représentent 0,2 % des déchets nucléaires mais 96 % de leur radioactivité. Bref un cocktail des plus dangereux.

Evidemment l'ANDRA se veut rassurante : Les radionucléides seraient contenus dans un sarcophage d'acier, de verre et de béton qui tiendrait quelques centaines d'années, puis c'est l'épaisse couche d'argile qui caractérise le site de Bure qui servirait de protection. L'agence explique que la radioactivité serait contenue pour plus d'une centaine de millier d'année, et qu'alors l'impact radiologique serait anecdotique. Pourtant le projet soulève bien des questions. Tout d'abord, le fait qu'il sera impossible de récupérer les déchets enfouis. Les adeptes du nucléaires nous expliquent que les scientifiques vont trouver une solution pour neutraliser ces déchets. Il est dommage de se priver de la possibilité de les traiter si effectivement on finissait par trouver une solution miracle. Leur empressement à tout cacher sous le tapis tendrait à prouver qu'ils ne croient pas tant que cela à cette solution.

Ensuite, comment être sûrs du comportement de ces déchets sur une durée aussi longue ? Ils produisent entre autres de l'hydrogène, gaz explosif et inflammable. Une expérience d'enfouissement a déjà été faite aux Etats Unis. Le résultat est assez inquiétant : un incendie s'est déclaré dans une des zones souterraines qui est depuis plus d'un an complètement hors de contrôle.

Autre problème et non des moindres : comment prévenir les êtres humains (s'il y en a encore, et sans parler des animaux, mais ce sont deux autres débats) qui vivront sur le site dans 10 000 ans, que des rayonnements nocifs mettent leur vie en danger ?

L'ANDRA parle de « papier permanent » avec de la documentation technique. Mais comment savoir si cette population sera à même de la comprendre ? L'ANDRA compte aussi sur le passage de mémoire de génération en génération. Difficile de croire en leur sincérité quand on sait comme ils essayent de faire passer le projet pour inoffensif, on a plutôt l'impression qu'ils essayent de le faire oublier.

Et enfin, on peut reprocher à l'ANDRA, avec CIGEO de militer pour la poursuite du nucléaire. En effet, la place prévue pour l'enfouissement est bien supérieure au volume de déchets déjà produits. Seulement 30 % des HA et 60 % des MA-VL qui seraient enfouis à Bure existent déjà. Il reste de la place pour une cinquantaine d'année de déchets si l'on continue le nucléaire au même rythme.

Bref, CIGEO est un vrai danger. Les déchets nucléaires sont un terrible problème qu'il ne faut pas tenter d'occulter. Il faut les avoir à l'oeil et se garder la possibilité d' intervenir en cas de problème ou d'avancée technique.

Et il faut arrêter d'en produire ! Traumatisés par l'accident de Fukushima, les japonais ont décidé de se passer du nucléaire, et y sont parvenus depuis septembre 2013. (Le premier ministre avait autorisé cet été la relance de l'un des réacteurs, à nouveau arrêté au bout de 10 jours pour des questions de sécurité).

La preuve que l'on peut vivre sans nucléaire… Et les émissions de CO2 au Japon n'ont augmenté que de 2 %. En faisant des économies d'énergie et en développant les énergies renouvelables, on peut y arriver ! De toutes façons, nous n'avons guère le choix...

Fête de l'Humanité 2015

Il ne reste que quelques places dans le bus, alors dépêchez-vous si vous êtes intéressés.

L'aller et retour en bus et vignette (bon de soutien) donnant droit à l'accès de la fête pendant les deux jours : 65€ par personne. ( 57€ pour les chômeurs et étudiants)

Départ : Samedi 12 septembre au petit matin

Retour dans la nuit du 13 au 14 septembre.

Contacts pour renseignements et inscriptions :

Fédération du PCF : Téléphone : 03 29 82 37 85 Y compris sur répondeur car on vous rappellera) ou par courriel : Michele.gruner@lorraine.eu ou Fede-pcf-88@orange.fr

Colombe88@laposte.net

Colombe

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 06:56

Ce que nous apprend l'échec de la Grèce

L'accord signé « le pistolet sur la tempe » par Alexis Tsipras (selon ses propres mots) est une mise sous tutelle encore plus terrible qu'avant : premièrement les principaux leviers financiers de l'état, comme par exemple l'organisme chargé de lever les impôts, deviennent des autorités « indépendantes », entendez directement sous le contrôle de la BCE. Deuxièmement, l'ensemble des ressources privatisables de l’État grec sont placées dans un fonds spécial sous administration européenne, principalement allemande. Troisièmement, tout projet de loi en matière économique et sociale devra d'abord être soumis à la troïka (Commission Européenne-BCE-FMI) avant d'être présenté au parlement grec.

On peut réellement se demander pourquoi Alexis Tsipras a organisé un référendum, appelant à voter contre l'accord initialement prévu, pour s'asseoir ensuite sur l'avis du peuple. Car il a signé cet accord encore plus humiliant deux jours seulement après le verdict des urnes. Le désarroi des grecs et de tous ceux qui avaient placé leur espoir en Syriza peut se comprendre. On peut imaginer qu'il a tenté d'impressionner ou d'attendrir la meute à ses trousses. Il a voulu leur faire comprendre qu'un peuple tout entier était derrière lui, et qu'il ne pouvait pas signer cet accord sans trahir la volonté des grecs. Il avait sans doute encore l'espoir de réveiller un dernier sentiment démocratique chez les commissaires européens et autres membres de la troïka.

Il n'en a rien été, bien au contraire. On a voulu lui faire payer cher sa lubie de démocratie.

Il faut tirer les leçons de cet échec cuisant : Si les gouvernements sont élus démocratiquement dans chaque pays européen, ils n'ont en réalité aucune liberté de mener la politique qu'ils souhaitent. La seule voie autorisée par l'UE est celle du libéralisme, un point c'est tout. Aucune politique de gauche ne peut être menée dans le cadre des institutions européennes actuelles. Il faut que tous les partis de gauche le comprennent et envisagent sérieusement une sortie de l'euro et de l'UE. Jusqu'à présent les deux principaux partis du front de gauche à savoir le PC et le PG ne sont pas vraiment sur cette ligne. Il va bien falloir prévoir ce plan B, aussi difficile soit-il, car c'est le seul qui nous sauve de l'impuissance totale. Et si les partis de gauche ne se donnent pas les moyens de convaincre de la faisabilité réelle de leurs propositions, les européens vont continuer à mettre leurs espoirs dans l'extrême droite qui, pour d'autres raisons, n'a pas peur de préconiser cette sortie...Réinventons une Europe solidaire, c'est urgent …

Fête de l'Humanité 2015

Cette année encore, le PC des Vosges organise un car pour la Fête de l’Huma. Cette Fête de l’Humanité doit être, dans ses contenus, la propriété de la multitude de celles et de ceux qui veulent résister, démythifier, combattre l’extrême droite et la droite et empêcher que la décomposition politique à l’œuvre ne prépare le pire. Un mot d'ordre : l’HUMAIN d’ABORD.

Au programme, outre les nombreux débats et rencontres, il y aura Zoufris Maracas, Manu Chao, Shaka Ponk, la famille Chédid, etc...’Orchestre

L'aller et retour en bus et vignette (bon de soutien) donnant droit à l'accès de la fête

pendant les deux jours : 65€ par personne. ( 57€ pour les chômeurs et étudiants)

Départ : Samedi 12 septembre au petit matin

Retour dans la nuit du 13 au 14 septembre.

Contacts pour renseignements et inscriptions :

Fédération du PCF : Téléphone : 03 29 82 37 85 Y compris sur répondeur car on vous rappellera) ou par courriel : Michele.gruner@lorraine.eu ou Fede-pcf-88@orange.fr

N'attendez-pas le dernier moment pour vous inscrire, car le bus est vite rempli … normal, c'est vraiment très très sympa la fête de l'huma !

 

Colombe88@laposte.net

Colombe

 

 

 

 

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 06:51

On chauffe, on brûle !

Bon, vous allez dire que c'est une obsession, ce n'est pas la canicule qui me le fait choisir, mais le sujet est tellement vital qu'il devrait être à la base de toutes nos décisions et c'est loin d'être le cas malheureusement.

Le réchauffement climatique est bien réel et il est causé par les activités humaines. C'est un fait maintenant avéré scientifiquement. Même Claude Allègre n'ose plus nier l'évidence.

Le scénario catastrophe se précise d'année en année et ressemble à une multitude de réactions en chaînes. Deux exemples parmi beaucoup d'autres : La fonte des glaces se révèle finalement beaucoup plus rapide que prévue. Le dégel des sols gelés va libérer du méthane qui va encore accélérer le processus. Deuxième exemple : pour lutter contre la canicule, les climatiseurs vont tourner à plein régime, consommant de l'électricité et donc augmentant les rejets de gaz à effet de serre qui vont encore accélérer le réchauffement. Un véritable cercle vicieux. Bref, la bombe est amorcée, et nul ne sait s'il est encore vraiment possible de l'arrêter et la question de la possibilité de vivre sur notre planète d'ici quelques décennies est posée.

La communauté internationale ne peut décemment pas ignorer le problème et depuis 25 ans des semblants de négociations (les COP) se sont succédé pour essayer de trouver des solutions. Sans résultat probant puisque pendant cette période les rejets de gaz à effet de serre ont augmenté de 60 %.

Nos dirigeants ont décidé de tenter de limiter la hausse des températures à 2°C ( de façon arbitraire, car les scientifiques pensent qu'une hausse de 2°C est déjà trop importante et risque d'avoir des conséquences incalculables). Les experts du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) estimaient en 2010 que pour y parvenir, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (principalement CO2, méthane et protoxyde d'azote) devraient être réduites de 40 à 70 % de 2010 à 2050 et disparaître totalement d'ici à 2100.

Cela implique de réduire très fortement la consommation globale d'énergie pour pouvoir renoncer aux énergies fossiles. (Car il ne faudrait pas tomber dans le piège du nucléaire qui est tout aussi dangereux).

Concrètement, nous ne pouvons pas nous permettre d'émettre plus de 565 gigatonnes de CO2 ( en tout pour toutes les années qui viennent!) . Or les réserves de fossiles (pétrole, charbon, gaz y compris de schiste) directement disponibles, c'est à dire contenues dans des gisements déjà exploités ou en passe de l'être, représentent 2795 gigatonnes d'émissions potentielles de CO2 .

L'équation est donc très claire : nous devons arrêter d'exploiter les puits existants et en tous cas renoncer à 80 % de ce qu'ils contiennent. Inutile donc de rechercher d'autres puits de gaz ou de pétrole, et encore moins de gaz de schiste !

Pourtant les états et les banques continuent de financer massivement la recherche et l'industrie extractiviste : 10 millions d'euros chaque minutes, ce qui représente plus de 5 000 milliards d'euros par an...Nos institutions, nos collectivités locales, nos caisses de retraites entre autres investissent massivement dans ce secteur juteux. Ils s'enrichissent en détruisant le climat. Nous-mêmes aussi bien souvent y participons par l'intermédiaire de nos comptes rémunérés dans nos banques.

Car les riches et les puissants possèdent les banques et les multinationales, contrôlent les médias et influencent les gouvernements. Ils tiennent les peuples et les états sous leur coupe grâce au système de la dette. Ils n'ont aucune intention de changer de trajectoire.

Que pouvons nous faire ? Economiser l'énergie, développer des alternatives, nous unir pour résister. Un exemple : Grâce au mouvement 350.org qui mène une campagne mondiale, plus de 200 institutions (villes de Seattle, San Francisco ou Paris, groupe de presse « the guardian », Eglise anglicane, fonds de pension gouvernemental norvégien, etc ...)se sont déjà engagées à mettre un terme à leurs investissements dans le secteur extractiviste afin de réinvestir dans le renouvelable. Ainsi, plusieurs centaines de milliards de dollars ont déjà été retirées de l'extraction des énergies fossiles.

En France, 350.org, attac, la fondation France Liberté, Solidaires et les Amis de la Terre demandent au Fonds de Réserve pour les Retraite (FRR) qui détient plus de 2,1 milliards d'euros d'actions et obligations émises par des entreprises du secteur, de désinvestir du fossile pour se tourner vers les renouvelables.

Il est temps d'agir concrètement ! Pour en savoir plus : http://oct.350.org/sign/FRR_zero_fossile/

 

Colombe88@laposte.net

Colombe

 

 

 

 

 

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 22:02

Euh non là je ne vais pas parler de la grèce quoique finalement ...

 

Bon, les examens sont finis et comme beaucoup de parents , je vois mes enfants partir du nid pour vivre leur vie .

Alors que ce soit pour poursuivre leurs études à la grande ville ou bien s'installer ailleurs prés de leur nouvel emploi, ces jeunes se retrouvent face au problème de la location d'appartement et bien sur du cautionnement par leurs parents (en général).

Avez-vous déjà pris le temps de lire l'engagement de caution que l'on vous fait retranscrire ?

et bien je vous en donne un bel exemple :

 

Exemple d'engagement de caution

IMPORTANT : ce document doit être INTÉGRALEMENT RECOPIÉ et complété
DE FAÇON MANUSCRITE par la caution, sous peine de voir le dossier refusé.
Engagement de caution solidaire

Je soussigné(e), (nom + prénom), domicilié à (adresse complète)
déclare me porter caution solidaire, sans possibilité de discussion ni de division, pour toutes sommes dues par (Mr et/ou Mme ou Mlle : prénoms + noms du/des colocataires ou conjoint) consécutives au bail, ou à l’occupation d’un local situé à (adresse complète du bien loué).
Ce bail, dont je reconnais avoir reçu un exemplaire, comporte les conditions particulières suivantes :
- Loyer payable par mois d’avance : (en lettres ET en chiffres, en euros)
- Avec acompte sur charges de : (en lettres ET en chiffres, en euros)
- Début du bail le : (date complète) ; fin du bail initial le : (date complète)
Le loyer, révisé une fois l’an, évoluera comme l’indice IRL (Indice de Référence des Loyers) applicable en matière d’habitation.
Je reconnais avoir compris qu’à la première défaillance du locataire, quels qu’en soient les motifs, même s’il bénéficie de délais, de suspensions de poursuites, des dispositions de sur endettement ou d’un redressement judiciaire civil, je m’engage à régler au bailleur et propriétaires successifs, sur mes revenus et biens, les loyers indexés, charges locatives, indemnités d’occupation, réparations locatives, pénalités, intérêts de retard, frais d’huissier, de procédure et toute condamnation judiciaire.

Loi du 6/7/89 article 22-1 : “Lorsque le cautionnement d’obligations résultant d’un contrat de location conclu en application du présent titre ne comporte aucune indication de durée ou lorsque la durée du cautionnement est stipulée indéterminée la caution peut le résilier unilatéralement. La résiliation prend
effet au terme du contrat de location, qu’il s’agisse du contrat initial ou d’un contrat reconduit ou renouvelé, au cours duquel le bailleur reçoit notification de la résiliation.”
Mon cautionnement garantit les obligations des neuf années entières suivant la date de début du bail initial.
Mes ayants droits seront solidairement tenus par le paiement effectif de toutes les sommes dues au bailleur.
“Un exemplaire du bail signé (du ou des locataires et de la régie) sera envoyé au garant par recommandé.“
Je reconnais avoir reçu une copie du présent engagement.
Fait à : (ville), 			
le (date complète)	
	
Bon pour caution solidaire
Signature de la caution 

Alors qu'en pensez-vous ?

moi il me laisse perplexe et avec l'idée qu'on cherche vraiment à nous "couillonner".

Perplexe : voir les 2 lignes en rouge je signe comme quoi j'ai un exemplaire du bail dont on me dit dans ce document qu'on va me l'envoyer.

Pour pouvoir signer le bail l'agence demande ce document entre autre, sachant que celui-ci ne peut être antérieur au bail ??

Enfin, à la lecture de la première phrase ou je m'interdis de râler, puis la loi qui me dit que normalement c'est jusqu'à la fin du bail (si pas de période mentionné) et du coup juste après on vous dit et bien vous signé pour au moins 9 ans quelque soit le bail.

Il y a la petite phrase sur l'impacte sur vos héritiers.

Enfin, en gros on vous la met bien profond et en plus on vous le dit !!

Finalement je ne m'étonne plus des abominables textes que l'on soumet à la grèce ou même à l'europe dans le cadre de TAFTA.

Il est grand temps de virer les comptables, gestionnaires, avocats et administrateurs du pouvoir !!

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