Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 17:26

Le protectionnisme est le contraire du repli sur soi

Protectionnisme : un mot difficile à évoquer sans passer aussitôt pour un nationaliste frileux. Comment donc ? Vouloir fermer les frontières ? C’est refuser de s’ouvrir aux autres !

Certes, mais l’argument est simpliste, et dans la bouche des libéraux, il est de mauvaise foi et manifestement manipulateur. Le libre échange, c’est dans les faits la liberté de circuler … seulement pour les marchandises ! Pour les populations, c’est une autre histoire, la tendance est plutôt à la construction de murs.

Car le libre échange est créateur d’inégalités sociales et de migrations de populations que les « libéraux » tentent de réprimer. Un exemple : l’ALENA, le système de libre échange entre Canada, Etats-Unis et Mexique a provoqué des délocalisations industrielles vers le Mexique, ce qui y a détruit l’agriculture vivrière et tiré les salaires vers le bas. D’où un mouvement de population du Mexique vers les Etats-Unis, qui prouvent leur ouverture aux autres en construisant des murs et en créant des milices privées.

Le libre échange crée de la compétition entre les populations et nivelle par le bas toutes les normes sociales et environnementales. Si un vêtement est fabriqué au Bengladesh, et qu’il est introduit sur le marché français sans taxe ou avec une taxe très faible, il entre en compétition avec les produits fabriqués en France, et ce sont alors les normes du Bangladesh qui vaudront. Comment nos usines textiles vosgiennes peuvent-elles résister ? Pour pouvoir rivaliser, elles devraient adopter les mêmes méthodes, à savoir traiter leurs ouvriers en esclaves. Elles n’en ont pas (encore) le droit. Donc elles délocalisent.

Il s’agit là d’un problème posé à la démocratie même : les lois que nous votons pour maintenir un niveau social digne et préserver l’environnement sont contournées par cette mondialisation effrénée.

En Europe, il n’existe plus de frontières intérieures. Et pour ce qui est des frontières extérieures, la compétence douanière et du commerce extérieur est entièrement déléguée à l’UE. Une marchandise peut être dédouanée en n’importe quel point de l’espace européen, avec des droits de douane très faible (en moyenne 3 %) et circuler ensuite librement en Europe. Et un nouveau code de douane de l’Union va entrer en vigueur au 1er mai 2016. Il va généraliser le dédouanement centralisé : une entreprise pourra effectuer son dédouanement sur un seul bureau et faire entrer ses marchandises à n’importe quel point de l’Union Européenne. De plus en plus de facilités pour toutes sortes de marchandises d’entrer sur notre marché.

Heureusement, il existe encore quelques freins, non tarifaires : des normes sanitaires, sociales ou écologiques sont encore en vigueur (interdiction des OGM, entre autres). Mais ces quelques barrières sont en danger car les traités commerciaux (comme le GMT, ou TAFTA, traité de libre échange en cours de négociation entre les Etats-Unis et l’Europe) ont pour but de les faire disparaître.

Cette compétition entre les nations qui tire les conditions sociales et environnementales vers le bas crée des peurs, ce qui se traduit par un refuge dans les théories xénophobes des partis d’extrême droite.

On a compris que le libre échange n’apporte pas la paix et l’amitié entre les peuples, bien au contraire, tandis que le protectionnisme ne signifie pas la guerre, mais peut représenter un vrai moyen pour les peuples de faire respecter leurs choix, de supprimer ainsi les frustrations et donc de pacifier les relations internationales.

Il faut réinstaurer des mesures (droits de douane, références d’origines, taxes en fonction de l’éloignement etc…), alors arrêtons de supprimer des douaniers (6000 suppressions de postes depuis 15 ans), et rappelons que leur rôle est de contrôler les marchandises et les capitaux, pas les personnes. Et si les pays récupèrent ainsi leur souveraineté et le droit de mener à bien des politiques qui aillent dans le sens d’une meilleure qualité de vie, il y aura moins de problème d’immigration massive et de repli sur soi. Les bangladais n’auront plus à trimer dans des conditions épouvantables pour fabriquer nos vêtements et n’auront plus besoin d’émigrer pour survivre, ils ne feront plus peur quand ils viendront nous rendre visite ou s'installer parmi nous.

Bref, entravons le capitalisme effréné, pas la rencontre entre êtres humains.

Simplifier le code du travail ? Chiche !

On nous a seriné que notre code du travail était obèse, et que personne ne pouvait s’y retrouver … Pas si sûr, mais admettons. Alors 19 universitaires spécialistes en droit du travail se sont penchés sur la question : « nous voulons montrer qu’il est possible de faire un code du travail simple, simplifié, moderne, sans sacrifier les droits des salariés et sans renier les enseignements de l’histoire » explique Emmanuel Dockès, coordonnateur du projet.

Leur « PACT » ( Pour un Autre Code du Travail ) devrait paraître en septembre prochain, mais le volet « temps de travail » est terminé et n’aboutit pas aux mêmes conclusions que le projet El Khomri : Le PACT instaure la notion de "temps libre" qui prévoit un "préavis" avant toute modification d'emploi du temps, un "droit au refus" de ces modifications et un "droit à la déconnexion" pendant tout temps libre. Toute astreinte doit être rémunérée par au moins un tiers du salaire habituel. Les deux heures précédant et les deux heures suivant le travail réalisé par le salarié sont requalifiées en temps d'astreinte. Protection du temps libre hebdomadaire : 35 heures consécutives minimum, pas de travail le dimanche.

Des heures sup mieux payées, le travail de nuit, "exceptionnel", "justifié" et "proportionné" et préservant la santé et la sécurité des travailleurs.

Tout est une question de choix, possibles à condition de ne pas être en compétition avec des esclaves bangladais bien entendu.

Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 17:12

Linky et Gazpar, nos nouveaux amis ?

Vous avez peut-être déjà été contactés pour le remplacement de votre compteur d'électricité ou de gaz par les nouveaux compteurs « intelligents » : Linky pour l'électricité et Gazpar pour le gaz. (le cousin existe aussi pour l'eau) .Le principe : nos données de consommation seront envoyées par les ondes en temps réel.

Le but serait surtout d'ajuster la production à la consommation…Pourtant, les pics de consommation sont bien connus et prévisibles depuis longtemps.

Cela va-t-il permettre d'économiser les déplacements des agents pour le relevé des compteurs ? Même pas, puisqu'apparemment, ce relevé aura toujours lieu.

Les factures seraient-elles ainsi plus précises ? Là encore, Linky est inutile, puisqu'il est depuis longtemps possible de renseigner son fournisseur d'électricité par téléphone ou mail afin d'avoir des factures correspondant à la consommation réelle, et pas seulement à une estimation.

Un autre argument en désespoir de cause ? Linky serait indispensable pour intégrer les énergies renouvelables. Alors pourquoi dans ce cas l'Allemagne qui fait quand même plus d'efforts que la France en direction du renouvelable a-t-elle annulé la généralisation de ces nouveaux compteurs ?

Eh bien l'Allemagne a tout simplement pris en compte une étude qui montre que ces compteurs n'étaient pas dans l'intérêt des consommateurs.

Tout d'abord, ces compteurs vont coûter cher. Il ne seraient pas facturés directement au consommateur, mais seront de toutes façons payés via une augmentation des tarifs, même si ErDF affirme pouvoir le financer grâce à l' augmentation de productivité.

Ensuite, ces compteurs vont collecter des données incroyablement précises sur notre vie privée. Bien sûr, on nous assure que ces informations ne seront transmises qu'avec l'accord de l'usager. Nous connaissons la chanson. Combien de temps cette promesse va-t-elle durer ? Et « à la faveur » d'un attentat, le durcissement de l'état d'urgence imposera sans doute la transmission des données aux services de police.

Ils'agit aussi sûrement de permettre aux sociétés commerciales (EDF, Engie, etc.) de proposer de nouveaux services, payants bien sûr.

Autre désagrément de taille : ces compteurs génèrent des ondes électromagnétiques classées cancérogènes possibles par l'OMS. ErDF argumente que ces émissions seraient en dessous des normes légales. N'empêche qu'elles viennent s'ajouter à toutes les autres que nous subissons déjà et pour lesquelles nous n'avons encore que trop peu de recul.

Il y aurait aussi un risque accru d'incendies.

Enfin, il s'agit quand même d'envoyer à la casse plus de 80 millions de compteurs (35 millions pour l'électricité, 11 millions pur le gaz et 35 millions pour l'eau) qui fonctionnaient très bien. Même si le recyclage est paraît-il prévu, l'exercice est quand même un beau gâchis.

Devant l'ineptie de l'opération, de nombreux citoyens résistent et s'organisent en collectifs et de nombreuses communes refusent le déploiement des nouveaux compteurs.

Peut-on légalement refuser 'installation des nouveaux compteurs ? Des rumeurs contradictoires circulent. En fait, les compteurs appartiennent aux collectivités locales (communes, intercommunalités) qui les concèdent à ErDF. Beaucoup d’entre elles l’ignorent. De ce fait cela pose la question du remplacement d’office des compteurs par ErDF, sans l’accord du propriétaire des lieux. Et cela confirme l'utilité et l'efficacité d'alerter sa commune afin que le conseil municipal vote un arrêté en ce sens. Alors face à la fronde grandissante, les autorités prennent peur, et l'association des maires de France aurait été chargée de ramener les conseils municipaux dans le droit chemin.

Ne nus laissons pas faire, et déclarons nous anti-linky, anti-gazpar.

Nouvelles du Tafta

Alors que la filière agricole française est en grande difficulté, les négociations pur l'ouverture du marché européen aux produits américains se poursuivent, le TAFTA est en discussion entre la commission européenne et les états-unis. Toujours dans le plus grand secret. Des députés ont pu parcourir un « compte rendu » dans « une salle fermée des services du premier ministre, escortés par un fonctionnaire, en déposant leur téléphone portable à l'entrée et avec des sanctions pénales à la clef pour tout parlementaire qui divulguerait des informations ».

Pourquoi un tel secret face aux élus du peuple, si ce n'est pour éviter que les populations ne s'alarment devant une véritable atteinte à leurs droits ? En tous cas ce secret ne s'applique pas à tout le monde puisque le journal anglais « the Guardian » révèle que des documents de cette négociation ont été fournis par la commission européenne à onze compagnies pétrolières et gazières dès 2013.

Rappelons aussi que l'UE négocie deux autres accords ultralibéraux : le TISA qui prévoit la libéralisation des services, et le CETA, accord de libre échange avec le Canada signé en 2014 mais pas encore ratifié. Avec à chaque fois le même but l'assujettissement des gouvernements aux sociétés privées.

Vivement la démocratie !

Colombe88@laposte.net

Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 08:50
L'intercommunalité en question

Réunion publique à Cornimont le 7 mars à 20Heures

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 08:45
Oui au maintien de la maternité de Remiremont

Jeudi 9 mars 2015

rejoignons tous la manifestation

départ devant la mairie de Remiremont à 17heures

La parole est à vous célèbre émission de radio de Guet Mozot vous en parle ici

émission du 1er mars

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 16:34

Retour vers le 19ème siècle

La ministre du travail Myriam El Khomri vient de présenter au Conseil d’Etat son projet de loi qui veut « instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs ». Libertés et protections pour les entreprises, pas de doutes, mais pour les actifs, c’est une autre histoire !

Car ce texte anéantit un siècle d’avancées sociales :

Temps de travail allongé: Actuellement la durée maximale est de 10 heures par jour, et 48 heures par semaine.

Il serait désormais possible, avec un accord collectif de travailler jusqu’à 12 heures par jour, « en cas d’activité accrue ou pour des motifs liés à l’organisation de l’entreprise ».

Et jusqu’à 60 heures par semaine par semaine, en cas de « circonstances exceptionnelles et pour la durée de celles-ci ».

On comprend bien que les employeurs n’auront aucun mal à trouver des motifs « d’organisation de l’entreprise » ou des « circonstances exceptionnelles » pour imposer ces allongements de durée du travail, mais également un temps minimal de repos quotidien réduit.

De plus les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos, et les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.

Il faut un accord collectif, nous répondront-ils …Les entreprises de moins de cinquante personnes pourront s’en passer pour imposer à leurs salariés de passer au forfait jour ( qui permet de ne pas décompter les heures de travail, fondé sur le nombre de jours effectués dans l’année et non pas sur le nombre d’heures).

Et puis, on connaît l’égalité des forces pour la signature d’un accord collectif au sein d’une entreprise : le chantage à l’emploi ou à la délocalisation est une arme puissante dans la main des employeurs qui pourront d’ailleurs s’appuyer sur un référendum, même si 70 % des syndicats le rejettent.

Et toutes ces heures supplémentaires, vont-elles être payées ? Là encore on s’en remet aux accords collectifs, et on fixe seulement le minimum de + 10 %. En l’absence d’accord, la majoration est de 25 % pour les huit premières heures supplémentaires, 50 % ensuite. Les accords de branche ne pourront plus « verrouiller » le pourcentage de majoration applicable aux entreprises du secteur concerné (comme c’est le cas, à l’heure actuelle, dans la métallurgie, par exemple).

Indemnités prud’homales plafonnées

Les dédommagements accordés par les prud’hommes aux travailleurs du privé victimes d’un licenciement abusif seront plafonnées en vertu d’un barème fondé sur l’ancienneté. Si le salarié est employé depuis moins de deux ans dans son entreprise, il percevra, au maximum, trois mois de salaire en cas de licenciement « sans cause réelle et sérieuse ». La somme montera à six mois de salaire s’il s’y trouve depuis deux à cinq ans ; à neuf mois de salaire s’il y est depuis cinq à dix ans ; à douze mois de salaire si son ancienneté est comprise entre dix et vingt ans ; à quinze mois de salaire au-delà de vingt ans de présence dans l’entreprise. Toutefois, le juge pourra s’affranchir de cette grille (et octroyer des sommes plus élevées) dans l’hypothèse où le patron a commis une faute d’une « particulière gravité » (« harcèlement moral ou sexuel », « licenciement discriminatoire »...).

Licenciements économiques facilités

Les motifs qui peuvent être invoqués pour prononcer des licenciements économiques : difficultés caractérisées notamment par « une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires pendant plusieurs trimestres consécutifs », « pertes d’exploitation pendant plusieurs mois », « importante dégradation de la trésorerie ». Peuvent aussi être mises en avant des « mutations technologiques » ou une « réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ». Bref, encore beaucoup de motifs facilement manipulables par l’entreprise pour qu’elle puisse faire ce qu’elle veut.

« Circonstances exceptionnelles » étendues

Jusqu’à présent, les entreprises avaient la possibilité de conclure avec les représentants du personnel un accord (dit « défensif ») pour moduler, temporairement, le temps de travail et la rémunération des salariés, en cas de difficultés conjoncturelles. Elles pourront désormais faire de même, dans un but « de développement de l’emploi » … Encore une fois, facile d’y mettre ce que l’on veut, et là encore, le « deal » signé en interne primera sur le contrat de travail. Et si un salarié refuse ces changements, il pourra être congédié, en vertu des règles applicables au licenciement « pour motif personnel » (et non plus pour des raisons économiques, comme c’était le cas jusqu’à maintenant dans les accords « défensifs .

Et on pourrait continuer longuement la liste des mauvais coups :

Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine, une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques….

La loi va tellement loin que la droite applaudit, oubliant momentanément de faire semblant d’être dans l’opposition. Certains regrettent même de ne pas avoir eu le courage de frapper aussi fort quand ils étaient au pouvoir avec Sarkozy…

Messieurs les frondeurs, quand allez-vous enfin quitter le navire ?

Colombe88@laposte.net

Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 12:01

Nucléaire : il va falloir payer !

Le prix de l’électricité en France continue à être inférieur à celui pratiqué dans les autres pays européens. Le nucléaire serait la moins chère des énergies d’après la propagande puissante d’EDF. Pourtant les prix ont commencé à augmenter et vont monter en flèche dans les prochaines années. L’ère nucléaire a mangé son pain blanc et la réalité que l’on a voulu oublier pendant des décennies nous rattrape.

La fête est finie, il reste à ranger et nettoyer, avec une sacrée gueule de bois !

Il y a d’abord le problème des déchets. Des centaines de milliers de tonnes depuis le lancement de l'industrie nucléaire ! Une partie de ces déchets est hautement radioactive pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d'années C’était sûr, la science allait réussir à les retraiter et les rendre inoffensifs. Eh bien pour l’instant pas l’ombre du début d’une solution. Le retraitement ne convient pas, car il est lui-même producteur de déchets. Une fois coupé et dissout, le combustible irradié se divise en trois catégories : environ 95 % d'uranium, 1 % de plutonium et 4 % de déchets ultimes. Une petite partie du plutonium est réutilisée pour produire un nouveau combustible, le Mox. Une vingtaine de centrales nucléaires françaises sont autorisées à carburer avec un combustible composé au maximum d'un tiers de Mox. On ne peut donc pas parler de recyclage !

En définitive, le nucléaire nous laisse plusieurs catégories de déchets :

  • Les déchets de haute activité (HA) qui proviennent pour l’essentiel du traitement des combustibles utilisés dans les centrales nucléaires. Ce sont les fameux 4 % du combustible usé évoqués plus haut. Ils contiennent la plus grande partie de la radioactivité des déchets. Leur niveau de radioactivité est de plusieurs dizaines de milliards de becquerel par gramme. Ils contiennent différents radionucléides à vie courte ou à vie longue, dont certains ont des durées de vie très longues come le neptunium 237, environ 2 millions d’années.

  • Les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL). Ils proviennent en grande partie des débris métalliques provenant des structures ayant contenu les combustibles. Il peut aussi s’agir de composants ayant séjourné dans des réacteurs nucléaires ou de déchets issus d’opération de maintenance, etc…

Les déchets MA-VL contiennent des quantités importantes de radionucléides à vie longue, et leur niveau de radioactivité se situe environ entre un million et un milliard de becquerels par gramme.

  • Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte ( FMA-VC)

Ce sont essentiellement des déchets de matériel de maintenance dans les centrales nucléaires ou dans les laboratoires ou hôpitaux (vêtements, outils, gants, filtres). Ils contiennent essentiellement des radionucléides à vie courte (cobalt 60, césium 137). Leur niveau de radioactivité se situe entre quelques centaines de becquerels et un million de becquerels par gramme.

  • Les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL)

Ils proviennent du radium ou du graphite utilisé dans les premières centrales nucléaires et que l’on ne produit plus actuellement, ou d’anciens objets radioactifs tels que des fontaines au radium. Ces déchets contiennent des radionucléides à vie longue comme le carbone 14 (5700 ans), et leur niveau de radioactivité est de l’ordre de plusieurs centaines de milliers de becquerels par gramme.

  • Les déchets de très faible activité (TFA)

Ils proviennent essentiellement du fonctionnement et du démantèlement des installations nucléaires. Certains viennent de l’assainissement et de la réhabilitation d’anciens sites pollués par la radioactivité.

Ce sont des radionucléides à vie courte ou à vie longue, d’un niveau de radioactivité en général inférieur à 100 becquerels par gramme.

Alors que fait-on de tout cela ?

Les 95 % d’uranium provenant du retraitement sont scandaleusement exportés en Russie. Depuis 2006 environ 33 000 tonnes de déchets nucléaires ont été exportés vers la Russie où ils sont simplement entreposés à l'air libre en Sibérie.

Les 4 % de déchets ultimes HA sont vitrifiés et stockés sur place De même que les déchets MA-VL. Ils sont destinés à être stockés à partir de 2025 dans le sous-sol à Bure. Officiellement, le processus serait reversible, et l’on pourrait aller les y récupérer au cas où une solution pour leur traitement serait trouvée. Mais c’est très improbable car en raison de leur radioactivité élevée, ces déchets émettent de la chaleur et sont très difficiles à gérer. Un tel site d’enfouissement existe aux Etats-Unis, et un incendie s’y est déclaré. La situation est actuellement hors de contrôle, et bien sûr pas possible d’aller récupérer quoi que ce soit… Enfouir les déchets, ce n’est en fait que mettre la poussière sous le tapis, et cela a l’énorme inconvénient de faire croire que le problème n’existe plus de façon à faire accepter une poursuite de l’aventure nucléaire.

En attendant cette fausse solution, les déchets s'accumulent, et s’ajoutant à la radioactivité venant des diverses installations nucléaires, et à la radiocativité naturelle, font peser une menace de plus en plus grande sur l'environnement et les générations futures.( Les seules usines de retraitement d'Areva à La Hague (Manche) et de Sellafield (sa cousine anglaise) constituent le rejet radioactif le plus important au monde résultant d'une activité humaine, équivalent à un accident nucléaire à grande échelle chaque année d’après un rapport réalisé en 2001 pour le compte du Parlement européen).

Et puis il y a aussi le problème du démantèlement.

Les centrales vieillissantes deviennent des gouffres en raison de l’entretien et des aménagements pour prolonger leur vie de 10 ou 20 ans. Et il faut bien se rendre à l’évidence que le démantèlement sans cesse repoussé va devoir se faire un jour. Hélas, on n’y a pas pensé lors de la construction. Le seul exemple en date est la centrale de Brennilis en Bretagne et que l’on essaye de démanteler sans résultat depuis dix ans…

Des casse-têtes en perspectives ! Combien de milliards pour échapper à la catastrophe ?

Les énergies renouvelables coûtent finalement bien moins cher …

Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 17:34

Demain, c'est aujourd'hui

Le film « Demain » passe en ce moment dans les salles de cinéma. Il est parfois suivi d'un débat. Ce film documentaire rencontre un beau succès, et est même en passe de devenir un phénomène de société. Et c'est tant mieux, car le propos du film est justement de montrer qu'une autre société est possible, et que nous avons le pouvoir, là où nous sommes, de la réinventer.

Quelques constats sur l'état alarmant de la planète, mais surtout une multitude d'exemples de belles initiatives prises par des citoyens un peu partout dans le monde, qui, peuvent changer les choses localement.

La thème le plus important et donc le plus longuement traité est évidemment l'agriculture. Comment réussir le pari de nourrir une humanité toujours plus nombreuse sur des terres cultivables de plus en plus rares ? L'agroécologie, la permaculture, l'agroforesterie sont de loin plus productives que l'agriculture industrielle et ont l'immense avantage de ne pas nous empoisonner. Au passage, tant que nous sommes dans le sujet, essayez, si vous l'avez manqué, de voir l'émission « cash investigation » d'Elise Lucet sur les pesticides, vous serez édifiés, et pourrez même voir Jackie Pierre, notre sénateur vosgien, pas vraiment à l'aise avec l'enquête journalistique.

De Détroit à la Normandie, en passant pas le Royaume Uni, ils sont nombreux à avoir décidé de cultiver bio partout, y compris dans les plates-bandes des villes pour regagner une autonomie alimentaire.

Le film aborde également le thème de l'énergie. Comment remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables ? On peut utiliser un fournisseur en électricité d'origine renouvelable, comme enercoop. En France nous sommes assez en retard en raison de la toute puissance du lobby nucléaire, mais l'exemple est donné du Danemark avec ses éoliennes, de l'Islande avec la géothermie. Et surtout, il est très justement rappelé que la première des choses à faire est d'économiser l'énergie. Nous devrions pouvoir éviter de consommer 75 % de l'énergie que nous utilisons actuellement. Pour les transports ? Il est possible (et bénéfique pour la santé, et bien plus agréable) de rouler à vélo pour une bonne partie de nos trajets. Pour les trajets plus longs, le train s'impose. Le film ne traite malheureusement pas du problème de l'avion, qui reste toujours un peu tabou.

Vient ensuite l'aspect économique. Revenir à des circuits courts a de multiples avantages : cela évite les transports coûteux et polluants, et cela relocalise la production, créant emplois et lien social.

Pour cela, il existe aussi une solution : la monnaie locale, qui n'est valable que sur une petite aire géographique ce qui oblige à consommer local. Là encore, des expériences existent qui donnent de très bons résultats.

Au niveau financier, la plupart des banques françaises ont des filiales dans les paradis fiscaux et spéculent, notamment sur l'alimentation, ce qui crée des famines. A nous de choisir une banque plus responsable. L'ONG « Les amis de la Terre » a effectué un classement concernant le climat, et le collectif « Sauvons les riches » a fait la même chose concernant la spéculation et les paradis fiscaux. Les résultats se recoupent. Par ordre décroissant d’éthique on trouve La Nef, Le Crédit Coopératif et la Banque Postale.

Enfin, pour réussir à changer les mentalités et ne plus fabriquer seulement des consommateurs passifs rois du « chacun pour soi », mais plutôt des gens capables de créer, de réparer, dans un esprit de solidarité, il va de soi qu'il va falloir changer notre système éducatif. L'habituel exemple de la Finlande, avec ses méthodes d'autonomie de l'enfant et de rejet de l'élitisme fait rêver bien sûr. Un chiffre est donné, qui est à la base de cette réussite : Deux enseignants pour quinze élèves. Eh oui, il faut faire des choix…

En résumé, le film nous dit qu'il ne tient qu'à nous de nous réapproprier notre alimentation, notre façon de consommer, de travailler, de vivre ensemble. Nous sommes la société, elle est à notre image. A nous de reprendre le pouvoir pour qu'elle soit vivable. Le propos est optimiste et il semble qu'il réussisse à mobiliser. Il est peut-être un petit peu simpliste, car si ce changement local est nécessaire et même vital, il ne suffira pas. Une organisation politique nationale et internationale est également nécessaire, et le film n'en dit rien. Réussir à se réapproprier les terres, par exemple, n'ira pas sans affrontement avec le grand capital… Mais peut-être faut-il ne pas dire de tels gros mots si l'on veut réussir à passer dans les media ?

Le film « demain » passe au cinéma de Vagney vendredi 19 février à 20h30. Il sera suivi d'un débat mené par l'AMAP « les choucas gourmands » de Thiéfosse et les colibris 88.

Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 12:44

Notre politique de santé a un siècle de retard

L'espérance de vie a commencé à baisser aux États Unis depuis quelques années. C'est maintenant le cas en France. Elle avait déjà baissé en 2011, et à nouveau en 2015 : une baisse de 0,3 an pour les femmes et 0,4 an pour les hommes par rapport à 2014. Pourtant, on continue à nous faire croire que l'on vit et vivra de plus en plus vieux.

Si l'on y regarde de plus près, l’Insee faisait en 2012 le constat que « ces dix dernières années, la contribution la plus forte se fait entre 80 et 89 ans pour les femmes et entre 70 et 79 ans chez les hommes ». En clair : c’est l’espérance de vie des générations nées avant-guerre qui tire la moyenne vers le haut. Et cela ne va pas durer, car les générations suivantes sont en moins bonne santé pour de multiples raisons : changement de l’alimentation, pollution chimique, sédentarité, précarité...

En effet, depuis plusieurs décennies, les maladies chroniques dans tous les pays « développés » explosent.

En France, le meilleur indicateur est celui des affections de longue durée (ALD) publié par la Caisse nationale d’assurance maladie. Ce dispositif créé en 1945 prend en charge à 100 % les frais médicaux lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie engendrant des coûts élevés. Depuis 1990, les maladies cardio-vasculaires ont progressé 5 fois plus vite que la population, le cancer 4 fois plus, les affections psychiatriques 3 fois plus, le diabète 6 fois plus (depuis 2000)... Or la mortalité des personnes en ALD, à âge et sexe identiques, est 2,9 fois supérieure à celle des personnes non ALD et 5,8 fois plus avant 70 ans.

Et le phénomène va sans doute s'accentuer considérablement. La pollution chimique a explosé au cours des dernières décennies. Les plus anciens qui ont eu une enfance préservée et qui n'ont été exposés aux polluants qu'à l'âge adulte ont plus de chance que les enfants qui grandissent et se construisent dans cet environnement dégradé. Car plus un enfant est jeune, plus il est sensible aux perturbations. Ainsi, l’exposition pendant la grossesse conditionne largement l’état de santé des futurs adultes. Le livre blanc publié à l’occasion de la troisième conférence « Programmation prénatale et toxicité », organisée à Paris en mai 2012 par la Society of Toxicology, conclut : « Beaucoup des grandes maladies et des atteintes fonctionnelles dont la prévalence a augmenté substantiellement au cours des quarante dernières années apparaissent être liées pour partie à des facteurs de développement consécutifs à des déséquilibres nutritionnels ou des expositions environnementales aux substances chimiques : obésité, diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, asthme et allergies, maladies immunes et auto-immunes, maladies neurodéveloppementales et neurodégénératives, puberté précoce et infertilité, certains types de cancer, ostéoporose, dépression, schizophrénie et sarcopénie ».

Alors, jusqu'à quel âge peut espérer vivre un nouveau né en France actuellement ? Rien ne serait plus faux que de penser qu'il atteindra l'espérance de vie actuelle. A ce propos, il faut remarquer que le terme d' « espérance » de vie est inapproprié pour parler d'une moyenne des durées de vie à un instant t.

Et enfin s'ajoute à cela le problème de la précarité : les pauvres sont en matière de santé aussi les plus fragiles, la paupérisation de la population va donc encore accentuer le problème. En France, le nombre de bénéficiaires de la CMU a progressé de 50 % entre 2007 et 2011, passant de 1,4 à 2,2 millions de personnes. Or, ceux- ci sont en moins bon état de santé que le reste de la population. Ils sont 1,8 fois plus nombreux, à âge et sexe identique, à être en ALD et avec une surmortalité de 50 % par rapport au reste de la population en ALD (2,5 % contre 1,8 %).

Bref, le tableau n'est pas rose, et le constat en a été fait lors de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 20 septembre 2011, dans une déclaration votée à l’unanimité des 184 chefs d’État et de gouvernement : « Nous, chefs d’État et de gouvernement […] reconnaissons que le fardeau et la menace que les maladies non-transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle », défi qualifié « d’ampleur épidémique ». Margaret Chan, directrice générale de l’OMS (l’Organisation mondiale de la santé), considérait à cette occasion « l’augmentation des maladies chroniques non-transmissibles comme une catastrophe imminente pour la santé, pour la société et surtout pour les économies nationales ».

Pourtant, en France, la récente loi santé ne fait rien pour s’attaquer aux causes environnementales des maladies. Le système de santé ne se remet pas en question. Pourtant, ce ne sont plus comme au dix-neuvième siècle les maladies transmissibles qui sont la plus grande menace. Il est temps de se rendre compte que la santé ne se résume pas au système de soin. Il faut une politique globale qui préserve notre santé environnementale, pour éviter les maladies plutôt que d'avoir à les soigner.

Et bien sûr, le coût des maladies chroniques est la cause majeure de la croissance des dépenses d’assurance-maladie. Mais les laboratoires pharmaceutiques sont florissants, donc tout va bien, non ?

Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 16:59

Vite, la décroissance !
La température sur Terre a d'ores et déjà augmenté de 0,85 °C par rapport à la période pré-industrielle. En 2009 lors de la conférence mondiale de Copenhague (COP15), les pays du monde entier s'étaient mis d’accord pour limiter la hausse des températures à 2°C (c’est-à-dire plus chaud de 1,15 °C par rapport au niveau actuel). Au-delà de ce seuil, les changements climatiques auraient des conséquences irréversibles sur l’environnement. En fait les scientifiques parlaient de +1,5 °C et pas de + 2°C, mais les politiques apparemment préféraient les arrondis.
Mais un rapport technique de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) rappelait tout de même en amont de la COP 21 de Paris que dans un monde plus chaud de 2 °C par rapport à la période préindustrielle « la rapidité du changement climatique deviendrait trop importante pour certaines espèces », que « l’élévation à long terme du niveau de la mer pourrait excéder un mètre » ou encore que « les risques combinés du réchauffement et de l’acidification des océans deviendraient élevés ». Quant à la production agricole mondiale, elle encourrait de « hauts risques » avec, toutefois, « un potentiel d’adaptation ». Dans la plage de réchauffement comprise entre 1,5 °C et 2 °C, la survenue d’« effets non linéaires » – c’est-à-dire non proportionnels à une hausse de température de 0,5 °C – n’est pas exclue.
Alors la COP 21 a très sagement considéré que « La limite de 1,5 degré Celsius constitue une ligne de défense considérablement plus sûre contre les pires impacts du changement climatique ». De belles paroles. Du côté des actes, c'est une autre paire de manches.
Car limiter la hausse à +2°C paraissait déjà très difficile à atteindre, et les efforts supplémentaires entre l'objectif de 2 °C et de 1,5 °C sont conséquents : selon le GIEC, dans le premier cas, il faut réduire les émissions de 40 % à 70 % d’ici à 2050, dans le second de 80 % à 90 %.
C'est donc le moment de rappeler que pour réduire les émissions de seulement 50 %, ce qui est, on vient de le dire, très insuffisant, il faut, par personne moins de 10% des émissions actuelles de CO2 d'un Américain, d'un Australien ou d'un Canadien, ou entre 15 et 20% des émissions actuelles de CO2 d'un Allemand ou d'un Anglais. (Laissons le cas français de côté puisqu'il faudrait parler du problème nucléaire qui n'est pas du tout une solution).
Encore plus concrètement, la quantité d'énergie maximale à laquelle chacun aurait droit annuellement représente :
- faire un aller-retour de Paris à New York en avion
- ou consommer 3.200 kWh d'électricité en Grande Bretagne

- ou 3.000 kWh aux USA (encore une fois ne parlons pas du cas français à cause du nucléaire ) sachant que la consommation annuelle par Français est de l'ordre de 8.000 kWh actuellement (dont 50% nous est "invisible", parce qu'il s'agit d'électricité "contenue" dans les divers produits de l'industrie ou de l'agriculture que nous achèterons ensuite).
- ou acheter 50 à 500 kg de produits manufacturés (soit au plus le tiers d'une petite voiture, moins s'il y a beaucoup d'électronique ou de matériaux rares).
- ou construire 4 à 5 m2 de logement béton,
- ou faire 5.000 km en zone urbaine dense en voiture "moyenne", ou 2.500 km en gros 4x4 ou en Mercédès (en ville dense aussi).
- ou consommer un peu plus de 7.000 kWh de gaz naturel (soit quelques mois de chauffage d'un logement).


Si l'on prend en compte les autres gaz à effet de serre il suffit même de :
- faire un aller simple à New York
- ou acheter 90 kg de bœuf avec os ou 1.400 l de lait


Donc, en résumé, quelqu'un qui va à New-York en avion a dépensé tout son quota énergie pour l'année et ne devrait plus pouvoir consommer ni électricité, ni gaz ni acheter aucun produit manufacturé. Idem pour quelqu'un qui a roulé 5000 km en voiture... Se chauffer au gaz (que certains nous présentent comme une énergie propre…)est beaucoup trop émetteur…


Et il faudrait diviser encore ces chiffres par plus de deux pour arriver aux +1,5°C !


Tout cela paraît difficile, pourtant d'autres façons de vivre, plus sobres en énergie, existent et font la démonstration que le bonheur n'est pas dans la consommation à outrance.


A nous de jouer !
Colombe88@laposte.net
Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article
18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 16:51

Pétrole, légèreté et propagande

Entendu samedi 15 janvier 2016 sur France Culture dans l'émission « Affaires étrangères » : L'animatrice du débat, Christine Ockrent débute ainsi : « Vous vous souvenez d'une époque où on nous annonçait la fin du pétrole, l'assèchement de notre économie en même temps que de l'or noir, et aujourd'hui, c'est exactement l'inverse. le pétrole, il y en a trop. Le prix du baril est tombé la semaine dernière en dessous de 35 $. Les bouleversements politiques sont considérables, les rapports de forces quasiment inversés. La dépendance pétrolière a changé de camp, elle affecte maintenant les pays producteurs : Arabie Saoudite, Etats Unis, Russie, Algérie, Vénézuela... » Vraiment ? Et elle persiste et signe :

Il y a quelques années, on nous avait prédit la fin du pétrole (...)Aujourd'hui, c'est pas la fin du pétrole, c'est au contraire, peut-être, la fin d'une dépendance des pays riches vis à vis du pétrole.

Elle laisse ensuite la parole à ses invités, et l'on se dit qu'il va bien y avoir un expert qui va un peu rectifier cette vision simpliste. Eh bien non, elle avait bien choisi ses invités.

Le premier intervenant, Pierre Terzian, directeur de la société pétrostratégies ( plusieurs types d'activités autour du secteur de l'énergie: publication d'articles et d'une lettre hebdomadaire, conseil, organisation de conférences, traduction) commence très fort : « Vous avez fait allusion à la théorie du pic oil, ces gens qui nous prédisaient la fin du pétrole parce qu'il n'y avait pas assez de découvertes. Ils avaient fait une erreur, une toute petite erreur, c'est qu'ils avaient négligé la technologie. Or le pétrole ne sert à rien si on ne l'extrait pas, et pour l'extraire, il faut de la technologie. La technologie a démontré ses capacités, ses compétences. (…) On a eu une révolution, le mot est justifié, une révolution des schistes.(…) Aujourd'hui il n'y a jamais eu autant de pétrole. ».

Aucun des deux autres intervenants n'a trouvé à redire à cela. Il faut dire que ce n'était pas vraiment le thème du débat qui traitait surtout des conséquences géopolitiques de cette abondance (momentanée) du pétrole depuis presque deux ans.

Et il est vrai que la chute des cours (le baril est passé de 147 $ à l'été 2014 à 35 $ actuellement, soit – 75 % en un an et demi) perturbe énormément la politique des pays, surtout des pays producteurs. La discussion a donc très vite embrayé sur l'attitude de l'Arabie Saoudite qui a décidé de préserver ses parts de marché et donc d'augmenter sa production, quitte à faire baisser les prix, ou sur le problème posé par la baisse de la manne pétrolière à des pays comme le Vénézuela, l'Algérie ou la Russie.

Des considérations économiques et géopolitiques peut-être intéressantes par moments, mais sur le fond ? On a asséné, sur une radio publique qui est censée être une référence sérieuse que le pic oil n'était qu'une fable et on en est resté à des commentaires finalement superficiels.

« La technologie a démontré ses compétences ». Merci ô notre Dieu la science ! Il parle de l'extraction des pétroles et gaz de schistes. Pollution irrémédiable des nappes phréatiques entre autres. Belle compétence en effet.

Quant à la négation pure et simple du pic oil, sans autre argument que le fait que le pétrole coule à flots actuellement. Quelle bêtise ! Notre planète n'est pas extensible. Quelles que soient les réserves de pétrole encore sous terre, elles ne sont pas infinies, et elles finiront par s'épuiser. Le pic oil n'est pas une théorie, c'est un fait scientifique et logique, compréhensible par le premier venu. Ces experts ne sont pas des imbéciles. La vérité, ils la connaissent sûrement. Pourquoi n'expliquent-ils pas que si on en est venu à aller chercher le pétrole dans les schistes, c'est parce qu'on en trouvait de moins en moins sous forme « conventionnelle » ? Pourquoi n'avouent-ils pas qu'en fait, on est en train de presser sur l'éponge pour en faire sortir les dernières gouttes. Cette abondance, c'est un baroud d'honneur, un chant du cygne.

Maintenant, venons-en aux considérations géopolitiques, toutes liées aux conséquences de la chute du prix du baril. Des fluctuations de la production, il y en a eu depuis le début de l'ère pétrolière, c'est pourquoi les principaux pays producteurs se sont organisés au sein de l'OPEP pour contrôler les niveaux de production et donc les prix. Mais actuellement l'OPEP ne le fait plus. Pourquoi ? L'Arabie Saoudite refuse de jouer le jeu et surenchérit dans la production pour conserver ses parts de marché. Une politique du désespoir que les intervenants n'expliquent pas, peut-être parce qu'elle ne peut s'expliquer que par la panique liée à la fin qui s'annonce…

Pas beaucoup de commentaires non plus sur l'arrivée du pétrole bradé de Daesh.

Quant aux Etats-Unis, ils ne font pas partie de l'OPEP et l'on peut se demander quel intérêt ils peuvent bien avoir à écouler aussi vite leurs réserves. Il serait bien plus logique de l'économiser pour faire durer plus longtemps, ou pour faire monter les prix.

Dans le débat, il a été dit que l'état américain n'avait en fait que très peu d'influence sur l'exploitation pétrolière qui est aux main d'une multitude de sociétés privées. Il aurait peut-être fallu insister sur ce détail, tout comme l'entrée en bourse de la principale société d'extraction saoudienne. Les intérêts privés gagnent partout au détriment des états qui contrôlent de moins en moins. Ni plus ni moins que la fin de toute vision politique et le règne unique de l'argent.

Colombe88@laposte.net

Colombe

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de front-de-gauche-remiremont
  • Le blog de front-de-gauche-remiremont
  • : Le front de gauche en action sur la circonscription de Remiremont
  • Contact

Recherche