Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 17:49

L'impossible reste à faire

Maire : un difficile et beau métier
Plus de soixante communes n'ont aucun candidat pour les prochaines municipales. Pas étonnant, quand on sait que l'état confie aux collectivités territoriales en général et aux communes en particulier de plus en plus de responsabilités et de missions sans leur reverser la totalité des budgets nécessaire. Résultat : les maires font ce qu'ils peuvent mais n'osant pas se lancer dans des projets qui parfois leur font peur, ils sont tentés de refiler le bébé aux entreprises privées ( c'est ce qui risque d'arriver avec la réforme de l'école) ou même de ne plus assurer correctement certaines de ces missions.
Ils sont le dernier maillon de la chaîne dans le mécanisme de démantèlement des services publics, et ne peuvent que se sentir pris entre le marteau et l'enclume.
On comprend dès lors que, se sentant impuissants et manipulés, ils soient moins tentés de repartir pour un nouveau mandat.
Pourtant malgré la diminution de la marge de manœuvre, il reste beaucoup de possibilités d'action dans une ville ou un village. On peut encore faire des choix, et ne pas se laisser intimider par les entreprises qui viennent en prédatrices attirées par l'odeur du sang. L'exemple le plus frappant est celui de la gestion de l'eau. Certaines communes se laissent séduire par les grandes compagnies privées comme Veolia, alors  que celles qui choisissent de rester ou de revenir à une régie publique de l'eau s'en portent bien mieux. (Il suffit de demander leur avis aux habitants de Cornimont que ses élus ont réussi à sortir des griffes du privé et à rétablir en régie). Elles y gagnent sur tous les plans : davantage d'indépendance, un réseau bien entretenu et des factures bien souvent plus légères : normal quand il n'y a pas d'intermédiaires qui se servent au passage.
Et cela est valable pour bien d'autres domaines comme la gestion des ordures ménagères ou la production locale d'énergie avec le bel exemple de la régie d'électricité de La Bresse. Certaines communes font preuve de belle imagination. Un maire communiste de l'ouest de la France a aidé une entreprise qui avait des problèmes de trésorerie et à qui aucune banque ne voulait accorder de prêt. La commune a décidé de le lui accorder. L'entreprise n'a pas déposé le bilan et a réussi à rembourser la somme prêtée.
Oui, bien des choses sont encore possibles à l'échelon local, et c'est même en commençant par là que nous pouvons reprendre le pouvoir et réinventer la démocratie. Seulement il faut aider nos élus. Ne pas uniquement se reposer sur eux,mais les interpeller, nous intéresser aux débats et leur dire quels sont nos choix. S'ils se sentent soutenus par la population, ils auront moins peur de prendre des initiatives.
Pour finir, je laisse la parole à un camarade qui parle de culture, une mission très importante des communes.
Aujourd’hui, sur 10 milliards de dépenses publiques pour la culture, plus de 7 sont assumés par les collectivités locales et territoriales, dont 4 par les communes !
L’enjeu des politiques culturelles munici­pales est essentiel, non seulement à la sur­vie mais au développement de politiques culturelles de plus en plus territorialisées. Le pouvoir a la volonté de se débarrasser de ces politiques pour les donner aux col­lectivités qui, elles, par ailleurs, se trou­vent asphyxiées, financièrement parlant. Pas de réforme fiscale pour les aider, pas d’obligations légales non plus : l’Acte 3 de la décentralisation ne confie aucune responsabilité aux collectivités en matière culturelle !
C’est simple : si les élus locaux déci­daient, aujourd’hui, de ne plus faire de la culture une de leurs priorités, ce serait un effondrement, alors que la demande est considérable, que ce soit en termes d’édu­cation artistique, d’éducation populaire, de réintroduction de l’art dans le travail, de soutien à la création, de démocratisation et de démocratie culturelle. L’action des communes aujourd’hui est décisive. Mais le risque est grand qu’on assiste à un processus de déculturation à l’échelle des territoires urbains ; ce serait  dramatique.
Il faut donc que les communes agissent pour avoir les moyens de maintenir, voire de développer ces politiques. C’est par ce biais qu’elles travaillent à l’amélioration du vivre ensemble et à faire société dans leurs territoires. Or, justement, on a l’im­pression que l’austérité ces temps-ci frappe fortement la culture.
La culture est vecteur d’émancipation, de civilisation. Alors, comment comprendre ce que fait le gouvernement ? Sur les intermittents, Filippetti et Sapin préten­dent défendre le régime mais ils n’inter­viennent pas dans la négociation, ils ne font pas pression sur le Medef, c’est ahu­rissant. Pour la première fois dans l’his­toire de ce ministère de la Culture, le bud­get est en régression, une régression forte. On a perdu, entre 2013 et 2014, plus de 6,5 % et on parle de moins 18 % pour les trois ans a venir (2015/2017).
Prétendre que la culture doit prendre sa part de l’effort, c’est ridicule, car les som­mes engagées ici sont dérisoires. Et quand on est de gauche et qu’on tient un tel discours, on se tire une balle dans le pied. C’est la culture qui nous protège de la bar­barie, c’est « l’avenir, le redressement, une priorité, une question majeure... » comme le disait le candidat Francois Hollande, qui parlait aussi de sanctuariser ce budget culture ! à présent, il fait exac­tement l’inverse.
Non seulement il faut s’en prendre à la mise en œuvre des politiques d’austérité en matière culturelle mais, aujourd’hui, quand on est de gauche, il faut redonner du sens et de l’ambition à une politique culturelle publique. 

A la semaine prochaine
Colombe
Colombe88@laposte.net

Partager cet article

Repost 0
Published by front-de-gauche-remiremont
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de front-de-gauche-remiremont
  • Le blog de front-de-gauche-remiremont
  • : Le front de gauche en action sur la circonscription de Remiremont
  • Contact

Recherche