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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 12:21

L'impossible reste à faire

 

Mais que faisons nous en Ukraine ?

Je voulais parler de l'Ukraine, et, une fois n'est pas coutume, je vais laisser la parole à Jean Luc Mélenchon dont l'analyse me paraît très clairvoyante et que je ne saurais mieux exprimer que lui:

meluchekraine«  Les Etats-Unis et l’Europe, dans leur sillage, sont engagés en Ukraine dans une stratégie d’engrenage absurde face à la Russie. Comment comprendre l’ingérence permanente des Etats-Unis dans le dossier ukrainien (...) ? Chaque semaine un nouveau dirigeant états-unien se déplace pour soutenir le gouvernement provisoire de Kiev auquel participent, comme on le sait, plusieurs néo-nazis hier dénoncés par le Parlement européen lui même.  Cet activisme (…) ne résulte d’aucune légalité internationale(...). Les USA rejouent ainsi un lamentable scénario de guerre froide sans objet ni but d’action rationnels. Il s’inscrit dans la droite ligne de leur stratégie pour faire adhérer à l’OTAN tous les anciens pays du bloc de l’Est, en totale contradiction avec la lettre du Traité de l’Atlantique Nord. Cela a commencé en 1999 avec l’adhésion de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque. Cela a continué avec l’adhésion en 2004 de la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et les trois pays baltes directement à la frontière russe. Cela s’est poursuivi en 2009 avec l’adhésion de la Croatie et de l’Albanie. Le projet d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN soumis au Parlement ukrainien par le nouveau pouvoir de Kiev vise à parachever ce plan états-unien. Il est clairement dirigé contre la Russie. Pourquoi ? Pourquoi la Russie prend–elle ce statut d’adversaire ? Où est l’intérêt européen dans cette affaire ? Et l’intérêt français ? On nous dit « la cause c‘est le régime Poutine ».( …. ) admettons. Dans ce cas, que dire de l’Arabie saoudite, du Qatar et de je ne sais combien de régimes de cette sorte que les mêmes cajolent sans trêve ? Et si la Russie est traitée en adversaire, comment s’étonner qu’elle réagisse et utilise toutes les situations pour rétablir le rapport de force que lui imposent les Etats-Unis ? Ce que je dis là ne comporte pas d’appréciation sur la légitimité de l’action mais sur sa logique. (...)

Alors qu’elle devrait être une force d’apaisement dans cette escalade, l’Europe met de l’huile sur le feu. Elle l’a encore fait la semaine dernière, lorsque le Conseil des ministres des Affaires étrangères des 28 a sommé la Russie de retirer ses troupes stationnées à la frontière avec l’Ukraine. Comment l’Europe peut-elle ainsi prétendre régenter le déploiement de l’armée russe sur son propre territoire ? Pourquoi l’Europe n’enquête-t-elle pas, à l’inverse, sur la présence suspectée en Ukraine de soldats des sociétés militaires privées états-uniennes DynCOrp et Greystone Limited, ne parlant ni le russe ni l’ukrainien, mais en uniforme ukrainien ? Pourquoi ne s’alarme-t-elle pas que l’essentiel des victimes tuées dans les heurts des dix derniers jours soient des militants pro-russes ? Pourquoi ne dénonce-t-elle pas l’intégration sous uniforme ukrainien des milices ultra-nationalistes de Pravyi Sektor ? Pourquoi ne s’émeut-elle pas que des membres du pouvoir de Kiev appellent à mobiliser les cadets des lycées militaires (entre 15 et 18 ans) alors que l’UE est d’habitude si prompte à dénoncer les enfants soldats ? (...) Au lieu de ça, le Parlement européen a encore voté le 17 avril une résolution nuisible qui « prie instamment le Conseil et la Commission d’aider le gouvernement de Kiev ». Ce gouvernement est composé comme on le sait de ministres néo-nazis membres du parti Svoboda. Je rappelle que c’est le même Parlement qui, le 13 décembre 2012, appelait « les partis démocratiques siégeant au Parlement ukrainien à ne pas s’associer avec le parti Svoboda, ni à approuver ou former de coalition avec ce dernier » !

L’alignement de François Hollande sur la politique internationale des Etats-Unis a rendu la France largement inaudible dans la crise ukrainienne. (...) nous avons découvert avec stupeur que plusieurs navires de guerre français sont arrivés il y a peu en mer Noire dans le sillage de la flotte états-unienne. J’ai été, le 17 avril, le premier parlementaire français à m’étonner de la présence de ces navires français et à demander publiquement des explications au gouvernement. J’attends toujours cette réponse. Alors que le gouvernement a ainsi engagé notre armée dans une escalade absurde contre la Russie, ni les parlementaires ni les citoyens n’en sont informés. Le service d’information des armées a certes concédé à l’AFP la présence du navire de renseignement Dupuy de Lôme. Celui-ci est entré en mer Noire dans le sillage du destroyer états-unien USS Donald Cook. Nous avons aussi découvert via les signalements qu’en effectuent les Etats côtiers de la mer Noire, la présence de la frégate Alizé utilisée par les commandos du service action de la DGSE. Pour compléter ce dispositif, se trouvent dans les parages la frégate Dupleix et le pétrolier ravitailleur Var. Tout cela manifeste des intentions opérationnelles inquiétantes vis à vis de la Russie. Ces navires n’évoluent pas, en effet, habituellement en mer Noire. (...)

 Cette surenchère militaire française dans le sillage des Etats-Unis est une erreur politique. Je la condamne. (...) J’ai donc demandé le retrait immédiat des navires français présents en mer noire. (...)

Afin d’éclairer ce qui se passe dans l’est de l’Ukraine, je veux aussi rappeler quelques réalités démographiques et économiques largement invisibles dans le traitement médiatique actuel de la crise ukrainienne. Le déclencheur des tensions en Crimée puis dans 3 provinces (oblasts) de l’est de l’Ukraine a été l’annonce par le nouveau gouvernement de Kiev de la suppression du russe comme langue officielle du pays aux côtés de l’ukrainien. Or, le russe est parlé au quotidien par 70 % des Ukrainiens et même 85 % d’entre eux dans les régions de l’est du pays. (…)

Le gouvernement provisoire de Kiev a décidé, par idéologie, de rompre la plupart des accords politiques, économiques et commerciaux qui liaient l’Ukraine avec la Russie. Or, les trois régions de l’Est, Donetsk, Louhansk et Dnepropetrovsk, constituent le poumon industriel de l’Ukraine. Et l’essentiel de leur activité est tournée vers la Russie. Pour toutes ces régions et leurs travailleurs, rompre avec la Russie signifie mourir économiquement. (...) Car, bien sûr, le gouvernement de Kiev n’a pas la moindre stratégie de développement économique en dehors de la mise sous perfusion des emprunts du FMI et des aides de l’UE. En matière linguistique comme en matière économique, la politique actuelle de Kiev, soutenue par l’UE, de rupture avec la Russie est donc un non sens. Il n’y a pas d’avenir intelligent pour l’Ukraine sans coopération constructive avec la Russie. Et pour nous, les Européens en général, nous n’avons rien à gagner à voir ce genre de bagarres se dérouler sur le terrain où se trouve la centrale de Tchernobyl et sept autres centrales en aussi piteux état. »  Merci M. Mélenchon

 

Erratum : La semaine dernière, il y avait une erreur dans l'adresse du site de ACC, je vous la redonne donc :  http://www.acontrecourant.org

 

A la semaine prochaine

Colombe

Colombe88@laposte.net 

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Published by front-de-gauche-remiremont
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