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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 07:52

La liberté des uns...

Le journal « La décroissance » publie cet été un dossier spécial : un tour du monde de la décroissance. Pour anticiper un peu le sommet mondial sur le climat qui aura lieu à Paris en décembre prochain, il offre une tribune à des scientifiques, économistes, philosophes du monde entier qui ont tous compris l'urgence de changer radicalement de système et d'adopter un style de vie plus sobre et plus humain.

Tous font le même constat : La vie sur Terre est gravement compromise par les activités humaines complètement hors de contrôle. Épuisement des ressources, pollution, réchauffement climatique, destruction des écosystèmes et disparition de la biodiversité. Bien sûr la Terre s'en remettra, mais à quel prix ? Combien d'espèces ont-elles déjà disparu ? Il y a déjà eu dans l'histoire de notre planète des phases d'extinctions massives ; la plus célèbre étant celle, probablement causée par une météorite qui a provoqué la fin des dinosaures. L'épisode que nous sommes en train de vivre est déjà considéré par les scientifiques comme le début de la sixième extinction massive des espèces.

Cette situation dramatique est due bien sûr à la consommation effrénée induite par notre système capitaliste basé sur le productivisme et la recherche de profits par tous les moyens.

Pour tous ces spécialistes, la solution n'est pas dans le développement durable ou la croissance verte que nos dirigeants et les grandes industries nous vendent si bien. Ce n'est pas avec de petits gestes ou des voitures électriques (qui ne sont pas une solution du tout), encore moins avec des agrocarburants que nous allons nous en sortir. A l'évidence il faut consommer beaucoup moins, et cela s'appelle la décroissance, même si le mot fait peur.

Pourquoi ce concept de la décroissance fait-il peur, même aux partis écologistes ? Niko Paech, économiste allemand explique que dans la population, les préoccupations écologiques progressent et que les bonnes intentions ne manquent pas mais que les compétences personnelles font par contre largement défaut pour affronter le problème. « Dès lors, le monde politique craint de provoquer le rejet d'une population consumériste et se refuse à évoquer les termes réels du débat. Une société de post-croissance n'est envisageable qu'à partir du moment où les populations auront appris à se satisfaire d'un niveau de revenus réduit en pratiquant des activités d'autosuffisance »

Mais il explique aussi que trois facteurs peuvent nous pousser à appliquer des mesures drastiques plus tôt que prévu : tout d'abord la crise existentielle des sociétés modernes : la société de consommation pousse à l'individualisme et à une perte de sens, en témoigne l'explosion de la consommation d'antidépresseurs. Ensuite, la crise financière annoncée, et enfin le « pic de tout »: pic de pétrole, de métaux, de terres rares etc...dont l'épuisement approche.

Enfin, l'économiste allemand explique comment simplifier nos vies et opter pour la solidarité et la sobriété heureuse : Il faut tout d'abord acquérir des compétences manuelles (bricoler, réparer, cultiver). Ensuite se dégager du temps afin de pouvoir produire les biens nécessaires à l'autosuffisance. Troisièmement faire partie d'un réseau au sein duquel les biens pourront s'échanger ou être réparés. Quatrièmement, mais c'est évident, se libérer des activités consuméristes, et enfin une plus grande sédentarité pour limiter les pollutions dues aux déplacements.

Et c'est là que le débat devient intéressant, parce que la mobilité sans doute plus encore que la possibilité de consommer est un symbole de la liberté des individus. Obliger les gens à moins voyager est perçu comme une brimade digne de la pire des dictatures. Là Niko Puech est très clair : « La liberté des uns s'arrête là où commence le droit des autres. Si l'on considère le caractère fini de notre planète et les lois inflexibles de la thermodynamique, on peut se poser la question suivante : Quelle liberté matérielle peut se permettre un individu sans vivre au dessus de ses moyens écologiques et par conséquent au dessus de ses moyens sociaux ? La liberté individuelle exercée sans la moindre forme de responsabilité mène à la barbarie.» Mais alors, comment allons-nous faire pour aller visiter la Thaïlande ou le Canada ? « La vie offre une infinie variété de loisirs possibles. De quel droit peut-on donc exiger une forme de loisirs qui serait écologiquement destructrice ? (…) Une mobilité globale illimitée, en particulier les déplacements en avion, constitue le sommet de cette irresponsabilité écologique qui est cultivée comme un légitime épanouissement personnel».

Cela fait du bien de rappeler les bases de temps en temps.

J'ai cité Niko Puech, j'aurais pu en citer bien d'autres venant de pays d'Afrique ou d'Asie d'ores et déjà bien plus concernés par les effets du réchauffement climatique. Leur avis est important. Bref, vous avez compris que pour ces vacances : pas d'avion, mais du jardin, du vélo et du train, et la lecture de « la décroissance », entre autres…

Colombe88@laposte.net

Colombe

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