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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 18:15
l'impossible aveu

Aveux

Le système qui nous gouverne est bien rodé. C'est toujours le même discours qui tourne en boucle dans les médias, venant de la plupart des hommes politiques, des dirigeants d'entreprises et des journalistes. « Nous vivons au dessus de nos moyens , il faut faire des efforts », « notre système libéral est le meilleur qui soit et il se régule très bien par lui-même » ou « nos démocraties sont les meilleures et tout le monde nous les envie ». Silence radio sur les enrichissements indécents, ou alors sans expliquer qu'il faut y trouver la cause de beaucoup de problèmes. Très peu de choses sur les conséquences dramatiques de la mondialisation et de la spéculation. Rien sur la possibilité d'autres façons d'organiser la société, oubli ou dénigrement systématique des luttes sociales, etc ..

Mais il est difficile de garder toujours la ligne du politiquement correct, et il arrive qu'à la faveur d'un moment de fatigue ou de distraction, la vérité arrive à percer chez l'un ou l'autre.

L'exemple le plus connu est la phrase de Warren Buffet, l'un des hommes les plus riches de la planète : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner ». La lutte des classes ? Mais c'est du marxisme ça ? Du communisme ! Complètement ringard ! Cela fait longtemps que personne n'ose plus parler de cela. Les communistes, c'étaient les méchants, mais heureusement les gentils ont gagné et depuis tout va pour le mieux dans le meilleur de mondes. La lutte des classes ? Mais non, ceux qui nous dirigent font tout ce qu'ils peuvent pour le bien de tout le monde, pas besoin de lutter. Et d'ailleurs les syndicalistes ne sont rien que des fainéants qui empêchent les autres de travailler et passent leur temps à essayer de prendre les braves gens « en otage ».

Alors c'est sûr, la phrase de Warren Buffet fait un peu tache. Ouf, il n'y a que les agitateurs que personne n'écoute qui ont relevé la boulette. Pourtant la vérité y était clairement dite : nous sommes en guerre, une guerre économique menée par la classe des très riches. Ils mettent tout en œuvre pour la cacher au plus grand nombre de la classe opprimée et ils ont même réussi l'exploit de lui faire croire que ceux parmi eux qui sont conscients et tentent de résister sont leur ennemis.

Un autre exemple à propos de la Grèce, qui doit absolument rembourser sa dette au prix d'une austérité criminelle. Alexis Tsipras demande l'annulation de la partie de cette dette qu'il juge illégitime. Après tout, les deux tiers de la dette de l'Allemagne après la deuxième guerre mondiale ont été annulés dans l'accord de Londres de 1953. Si l'on compare les deux situations, l'injustice en défaveur de la Grèce est frappante. Pourquoi a-t-on été aussi compréhensifs avec l'Allemagne, annulation d'une grande partie de la dette (qui était pourtant assez légitime...), mais aussi nombreuses autres facilités, alors que l'on est d'une sévérité incroyable avec la Grèce, exigeant d'elle des réformes structurelles, des privatisations ..? Là encore, silence. Non, un journaliste de l'agence Bloomberg (agence financière américaine, peu suspecte de gauchisme) a osé une explication : « l'Allemagne de l'époque devait être aidée car elle était un rempart contre le communisme ». Adossée au mur de fer, elle devait être forte, la vitrine du monde des gentils. Si on l'avait trop saignée, cela aurait fait mauvais genre, et les allemands de l'ouest auraient même pu se révolter et passer à l'est ! Alors que la Grèce actuelle, c'est tout le contraire : elle a élu un gouvernement de quasi-communistes qui ne doivent absolument pas réussir car ils pourraient donner envie à d'autres pays européens de suivre l'exemple.

Troisième exemple tout récent : « La France serait heureuse que quelqu'un force le parlement, mais c'est difficile, c'est la démocratie ». La phrase a été prononcée à Washnigton par Wolfgang Schaüble ministre allemand des finances. La France voudrait forcer le parlement, elle regretterait cette fichue démocratie… La France ? Monsieur Schaüble a vendu la mèche complète : En fait de France, il s'agit de messieurs Sapin et Macron qui se plaignent de ne pas pouvoir faire tout ce qu'ils veulent. Ils ont quand même du toupet, parce que la démocratie, franchement, elle ne les gêne pas beaucoup. Ils mènent sans état d’âme une politique de droite alors qu'ils ont été élus avec une autre étiquette. Les soi-disant frondeurs du PS ne frondent pas tant que cela. Quelques déclarations tonitruantes qui ne se traduisent presque jamais dans les faits, et si cela traîne trop, on sort le 49-3 pour rappeler qu'on n'est pas là pour discuter. Alors l'aveu ici n'est pas complet. Il fait croire que la démocratie française fonctionne encore. Ce qui est évidemment loin d’être le cas. Vivement la sixième république ! (A ce sujet, le mouvement M6R pour la sixième république sera présent sur de nombreux cortèges du 1er mai pour faire grandir l'idée...)

C'est toujours amusant de constater les petites fuites de la machine …

Colombe88@laposte.net

Colombe

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Published by front-de-gauche-remiremont
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