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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 07:06

Et maintenant, aux actes ! citoyens Hollande, Valls, Macron ...

François Hollande a effectué une remontée complètement inespérée dans les sondages. Il paraîtrait qu'il aurait remarquablement réussi à gérer l'épisode terroriste contre Charlie Hebdo. Qu'a-t-il donc fait de si incroyable ? Ce n'est tout de même pas lui qui a mené les enquêtes, ni qui a donné l'assaut. Certes, il en a certainement donné l'ordre, mais conseillé par combien de spécialistes ? Non, ce qu'il a surtout réussi à gérer, c'est la communication. Il a pris la parole quand il le fallait et a su trouver les mots pour en appeler à l'unité de la nation et à affirmer notre attachement à la liberté d'expression. Bon, entre nous, c'était assez facile, et personne n'en attendait moins de lui. Alors pourquoi nos concitoyens se laissent-ils si facilement séduire ? Est-ce la peur qui fait que le peuple se range derrière le chef ? Sans doute.

Pourtant les discours ne suffisent pas et il va maintenant falloir passer aux actes. Et là, malheureusement, les signes ne sont pas bons.

Une petite remarque énervée d'abord : la sous-estimation incroyable des incidents dans les écoles lors de la minute de silence. Personne n'a été dupe des chiffres donnés par le ministère de l'éducation nationale. Quiconque connaît un peu la vie des établissements scolaires, qu'ils soient en banlieue ou non, sait que le phénomène a été beaucoup plus important que ce qui est prétendu. Ce n'est pas en cachant le thermomètre que l'on va faire baisser la fièvre… Et la solution donnée par la ministre, d'une vague formation continue est bien insuffisante.

Alors quelles solutions ? Personne ne prétend les connaître toutes, tant la situation est complexe, mais une chose est certaine en tous cas : il faut aller vers une société plus juste et plus égalitaire car les extrémismes se nourrissent de la misère et des inégalités sociales. Or dans les faits, le gouvernement garde le cap envers et contre tout : libéralisme, et casse sociale.

La loi Macron présentée le 22 janvier à l'Assemblée Nationale en est le plus parfait exemple. La seule cohérence de ce ramassis de mesures est d'attaquer l'état social et le bien commun.

Commençons par la mesure la plus médiatisée : le travail dominical et nocturne. On nous dit que cela va relancer l'économie…croit-on vraiment que les gens vont acheter plus parce qu'ils peuvent acheter le dimanche ? Leur pouvoir d'achat ne sera pas plus important. On nous dit que les salariés de ces entreprises sont volontaires pour travailler sur ces horaires. Volontaires, vraiment ? Ne serait-ce pas plutôt parce qu'ils ont peur de perdre leur emploi s'ils refusent, ou parce qu'ils espèrent augmenter un peu leur salaires qui ne leur permettent plus de vivre ? Si les salaires étaient décents et les contrats solides, je doute fort qu'il y ait beaucoup de volontaires, quand on sait que cela va nuire à leur vie sociale, leur vie familiale et leur santé, car outre le problème des rythmes biologiques, les accidents du travail sont aussi bien plus importants lors du travail de nuit. Quant aux compensations pour le travail du dimanche, rien n'est clair car la loi Macron n'en donne pas la nature et renvoie à des négociations ultérieures dans un rapport de forces qui ne sera pas nécessairement favorable aux salariés. On comprend bien que dans la situation actuelle de chômage de masse, on trouve de plus en plus de « volontaires » pour accepter n'importe quoi, et c'est indigne d'un gouvernement soi-disant socialiste d'avancer ce faux argument du volontariat pour faire sauter encore une protection sociale.

Deuxième exemple de ce que contient la loi Macron : une atteinte à la médecine du travail : La périodicité des visites médicales des salariés serait remise en cause et la visite d'embauche pourrait être confiée aux généralistes, ce qui ferait que les médecins du travail ne verraient plus que les travailleurs accidentés et sans pouvoir suivre les autres, ne pourraient plus faire le lien entre le travail et une altération de la santé.

Autre point inquiétant : le début de la fin du droit pénal du travail. Actuellement, les inspecteurs du travail, après avoir effectué un contrôle dans une entreprise peuvent rédiger un procès verbal qui est transmis au procureur qui décidera de classer sans suite ou d'ouvrir une procédure d'instruction. La loi Macron prévoit de diminuer les sanctions pénales au profit de sanctions administratives quasiment inexistantes aujourd'hui. Les inspecteurs du travail feraient un rapport aux DIRECCTE (DIrection Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation et de l'Emploi). Et qui sont les représentants de la Direccte ? Des fonctionnaires nommés par le ministère du Travail, qui ont des objectifs en terme d'emploi et dépendent du préfet. De plus, ces procédures administratives ne sont pas publiques et se régleront dans le bureau de la Direccte, alors qu'actuellement les procédures pénales donnent lieu à des audiences publiques.

La loi permettrait aussi aux employeurs de contourner le droit de regard de l'administration sur les plans sociaux, et aussi de minimiser l'opposition syndicale et d'éviter d'éventuels recours en justice.

Un dernier exemple des merveilles que réserve cette loi ? Je vous en avais déjà parlé : la déréglementation des transports de voyageurs qui va permettre à l'autocar de concurrencer le train. Le ministre nous présente cela comme un progrès. L'autocar un progrès ? Moins de sécurité, plus de pollution. L'organisation des transports ne va en fait plus être réfléchie en fonction des besoins des voyageurs mais en fonction de critères de rentabilité. Et l'on voit bien se profiler un transport à deux vitesses où le train, sûr, confortable et rapide sera réservé aux plus riches, alors que les autres devront se contenter du bus. Cela confirme bien le renoncement du gouvernement à donner au système ferroviaire les moyens de son fonctionnement et de son développement. La SNCF a d'ailleurs déjà annoncé un plan d'un millier de licenciements.

M. Macron nous encourage à vouloir devenir milliardaires, en feignant d'ignorer que pour faire un milliardaire, il faut appauvrir beaucoup de monde. La société qu'il nous propose ne peut pas résoudre notre problème, assurément.

Colombe88@laposte.net

Colombe

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